Des perturbateurs endocriniens dans nos hamburgers ?

Les consommateurs amateurs d'hamburgers, et plus généralement de la nourriture servie dans les fast-foods, seraient plus exposés aux phtalates, des perturbateurs endocriniens.

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Des perturbateurs endocriniens dans nos hamburgers ? ©ShutterStock

Une étude américaine, publiée mercredi 13 avril dans la revue scientifique Environnemental Health perspectives, pointe du doigt les fast-foods. L’enquête, menée par Ami Zota professeur à l’université George Washington, aux États-Unis, et son équipe, suggère que la nourriture contenue dans les établissements de restauration rapide contiendrait d’importants taux de phtalates, des perturbateurs endocriniens. Ces substances sont soupçonnées d’avoir des effets nocifs. Elles sont utilisées dans l’industrie agroalimentaire, notamment pour fabriquer des emballages ou des films plastiques.

Viandes et céréales : responsables de l’exposition aux phtalates ?

Les chercheurs ont examiné les habitudes alimentaires de plusieurs milliers d’américains. Ainsi, 8877 ont été sollicitées pour remplir un questionnaire sur leur consommation de junk food et leur régime alimentaire durant les 24 dernières heures. Les personnes qui ont répondu à l’appel ont également fourni un échantillon d’urine, dans lequel ont été dosés deux phtalates, le DEHP et le DINP. Les résultats indiquent que les grands consommateurs de fast-foods étaient plus exposés aux phtalates. Les chiffres sont effectivement sans appel : on retrouve des quantités de DEHP et DINP, respectivement 23,8% et 40% plus importantes dans leurs urines par rapport aux personnes non adeptes de ce type d’alimentation.

Selon le professeur Amy Zota, ces concentrations supérieures seraient dues principalement à la viande et aux céréales. De plus, les phtalates apparaitraient notamment dans les grains contenus dans les aliments comme le pain, les pizzas ou encore les gâteaux. Ces recherches mettent en exergue la présence de ces substances chimiques dans les emballages alimentaires, ce qui risque de contaminer la nourriture, tout comme ce qui est reproché aux perturbateurs endocriniens.

Toutefois, les résultats de cette étude sont à confirmer, selon les auteurs.

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Roumaissa BENAHMED