Des singes « autistes » créés pour mieux étudier le trouble

Des chercheurs chinois ont créé des singes transgéniques, porteurs d’un gène humain associé à l’autisme, afin d’étudier ce trouble du comportement et ainsi découvrir de nouvelles stratégies thérapeutiques. Une première.

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©ShutterStock

Des généticiens de l’Académie chinoise des sciences ont créé des singes génétiquement modifiés, porteurs d’un gène humain associé à l’autisme. Ces singes « autistes » présentent des comportements équivalents à ceux des individus qui en sont atteints. Les scientifiques, dont les travaux ont été relayés dans la revue Nature, citent des gestes répétitifs, une interaction sociale altérée et l’anxiété.

Les chercheurs ont choisi des primates car, contrairement aux rongeurs, ils sont plus susceptibles de représenter de meilleurs modèles d’études de ces troubles complexes, que sont ceux de l’autisme. Les scientifiques ont ainsi développé un modèle primate porteur du syndrome de la duplication du gène MECP2, un trouble du développement neurologique de l’enfant.

Au total, ils ont obtenu huit macaques cynomolgus et cinq petits porteurs du gène humain hérédité d’un singe mâle modifié. « Nous les avons ensuite observé dans leur cage. Habituellement, ces singes sont très sociables, ils vont les uns vers les autres. Mais ici, les interactions sociales étaient très peu nombreuses », raconte Zilong Qui, l’auteur principal, cité par Pourquoi Docteur. Les généticiens ont également relevé des comportements évocateurs d’autisme comme des déplacements en rond à répétition et des réactions d’anxiété.

Vers de nouveaux traitements ?

Le but de cette étude sera d’élaborer, dans un avenir proche, des stratégies thérapeutiques pour traiter les symptômes de l’autisme. L’équipe tentera alors, dans un premier temps, d’identifier ce qui fait défaut dans le circuit du cerveau des primates. Une fois ce problème déterminé, ils testeront des traitements potentiels chez ces macaques « en utilisant les techniques d’édition de gène » pour apporter les modifications voulues.

« Cette excellente recherche a développé un modèle plus sophistiqué d’autisme qui pourrait améliorer notre compréhension de l’autisme, et éventuellement conduire à la mise au point de traitements plus adaptés », souligne le Dr John Cusack, directeur de recherche de l’association Autistica. Toutefois, « l’élaboration d’un modèle animal unique de l’autisme pourrait être difficile à réaliser », relève-t-il. L’autisme peut en effet prendre de nombreuses formes. Chez l’humain, les troubles peuvent induire des anomalies de comportement, des capacités intellectuelles (du retard mental aux sujets doués en maths, par exemple) ainsi que des aptitudes variables du langage.

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Marine Vautrin