Deux gifles : 31 000 euros de dommages et intérêts

Condamnée à 31 000 euros de dommages et intérêts pour avoir donné deux claques à une collègue, une jeune femme décide de se pourvoir en Cassation.

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Deux gifles : 31 000 euros de dommages et intérêts ©ThinkStock

C’est un record, dont elle se serait bien passé, que détient une jeune femme du sud de la France : 31 000 euros de dommages et intérêts pour deux gifles.

En avril 2006, alors qu’elle est au travail, une femme de 28 ans donne deux claques à l’une de ses collègues, âgée de 52 ans. Selon la plaignante, le geste aurait été accompagné d’injures raciales, puisqu’elle affirme s’être faite traitée de « sale Arabe ».

Condamnée en octobre 2010 par le Tribunal de Police à 300 euros d’amende pour faits de violences, la jeune femme a vu sa peine s’alourdir à la suite d’une expertise médicale effectuée sur la plaignante, la déclarant en inaptitude permanente. Pour Me Maktouf, avocat de l’accusée, c’est la première fois en France qu’un expert « accorde quatre mois et demi d’ITT (incapacité totale de travail) pour deux gifles » auprès des tribunaux.

Suite à cette décision, l’avocat a demandé une deuxième expertise puisque sa cliente n’était pas présente lors de la première. La demande a été refusée. La confirmation d’amende a donc été confirmée à la plaignante, qui devrait toucher 31 000 euros de dommages et intérêts, accordés par la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence.

Pour Me Maktouf, il s’agit là d’une « dérive à l’américaine ». Il ajoute d’ailleurs que sa cliente, maintenant au chômage et en cours de demande de RSA, « ne pourra jamais payer ». Elle compte désormais se pourvoir en Cassation.

Le débat sur la gifle

Ces dernières années, bon nombre de claques a fait la Une des journaux. En 2002, c’est François Bayrou qui faisait parler de lui en giflant un jeune garçon qui lui faisait les poches, pendant la campagne présidentielle. Depuis, le jeune homme a été condamné pour des incidents avec la police.

Il y a deux ans, un parent d’élève avait giflé la CPE du collège de son enfant, et avait écopé d’un peine de cinq mois de prison, dont deux ferme.

L’évènement le plus récent date de février, lorsqu’un député du Nord a été jugé pour des faits remontant à 2010. Maurice Boisart avait donné une claque à un adolescent et avait été condamné à une amende de 1000 euros avec sursis, et 250 euros de dommages et intérêts.

Des peines bien différentes selon les cas, mais une telle condamnation de la part du Tribunal d’Aix-en-Provence remet sur le devant de la scène le débat concernant la gravité de la gifle.

Mathilde Bourge