Diabète : une guérison par le clonage ?

La nouvelle nous arrive de l'autre côté de l'Atlantique. Des chercheurs auraient réussi à créer des cellules productrices d'insuline par clonage. Une première et un espoir dans le traitement du diabète, mais aussi d'autres pathologies.

0
4016
Mais pour l'autre partie du monde scientifique, les bénéfices potentiels pour la santé humaine dépassent de loin les risques de clonage. ©ShutterStock

Alors que la semaine dernière, c’était une technique de manipulation génétique qui a pour but d’écarter tout risque de maladie génétique qui faisait grand bruit dans le monde de la santé, cette semaine, c’est une découverte scientifique qui fait parler d’elle. Au cœur de cette dernière, le clonage, qui fait toujours débat dans le monde de la recherche.

Des chercheurs new-yorkais ont annoncé avoir réussi à cloner des cellules souches embryonnaires humain à partir de cellules de peau d’une femme adulte diabétique, dans l’espoir un jour de pouvoir la guérir de sa maladie. « Nous avons fait un pas de plus vers le traitement de patients diabétiques grâce à leurs propres cellules productrices d’insuline » explique Dieter Egli, membre de la fondation des cellules souches de New-York et auteur de l’étude publiée dans la revue scientifique Nature.

Les succès des clonages

Le procédé de création reste le même utilisé que dans les autres essais. Le professeur Egli, les chercheurs de l’Université de Zurich et leur équipe ont transplanté des noyaux de cellules de peau d’une femme atteinte d’un diabète de type 1 dans les ovocytes humains afin de générer des cellules souches embryonnaires humaines (CESh).

Un succès, à moindre échelle, qui vient rejoindre celui de Dolly, la brebis clonée il y a de ça huit-ans, mais aussi celui du clonage de cellules provenant d’un bébé de 8 mois dans l’Oregon, aux Etats-Unis, et la dernière en date, celle du professeur Robert Lanza, qui a eu lui aussi recours à des cellules adultes.

Et si les scientifiques s’acharnent tant à cloner des cellules adultes, c’est tout simplement parce « de nombreuses maladies, comme le diabète, Alzheimer et Parkinson apparaissent avec l’âge », il est donc préférable d’extraire l’ADN des personnes adultes pour les soigner.

Des résultats qui laissent espérer un traitement

Pour autant, la technique de clonage est encore loin de faire l’unanimité dans le monde de la recherche. Les CESh sont controversées de par leur particularité d’être « pluripotentes », c’est-à-dire de pouvoir se transformer en tout type de cellules du corps humain (peau, cerveau, cœur, etc.), et que jusqu’à récemment, elles entrainaient la destruction d’embryons humains.

Mais pour l’autre partie du monde scientifique, les bénéfices potentiels pour la santé humaine dépassent de loin les risques de clonage. Des inquiétudes éthiques justifiées, mais qui ne constituent pas une raison suffisante pour renoncer aux avancées que permettent les recherches.

Pour David McKeon, porte-parole de la fondation des cellules souches de New-York, l’espoir est là, et « les résultats d’aujourd’hui laissent espérer que nous un jour un traitement pour cette maladie débilitante », qu’est le diabète.

Sur le même sujet :

Lire aussi : Diabète : un nouveau traitement par l’insuline porteur d’espoir

Lire aussi : Diabète : un espoir avec le pancréas artificiel

Lire aussi : Diabète : une lentille pour mesurer la glycémie présentée par Google

Laurie Ferrère