Don du sang : les homosexuels autorisés à donner

Le questionnaire préalable au don du sang devrait bientôt être modifié à la demande de la ministre de la Santé. Ainsi, les homosexuels seraient autorisés à donner leur sang.

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D’autres pays, dont l’Australie, le Japon et le Royaume-Uni ont déjà abandonné l’interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang sous conditions. ©ShutterStock

Le questionnaire. C’est lui qui détermine, en plus de la consultation médicale, s’il est possible de donner son sang. Ce questionnaire préalable, sur les habitudes et mode de vie des donneurs, tend à mettre en avant s’il existe des pratiques à risques. Mais, jusqu’à aujourd’hui les homosexuels, hommes, étaient systématiquement interdits de donner leur sang.

Les experts doivent évaluer les critères

« Les rapports sexuels entre hommes sont une contre-indication au don du sang » en raison de la forte prévalence du VIH parmi cette population. Mais pour Marisol Touraine, ministre de la Santé, « il ne serait pas acceptable que l’orientation sexuelle soit perçue comme un critère d’exclusion » fait-elle valoir.

Après avoir interpellé le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), Marisol Touraine a annoncé, mardi 17 mars, que le questionnaire préalable serait modifié. « Il appartient aux experts d’évaluer la période d’exclusion du don » ajoute la ministre, qui indique par ailleurs, que la réponse à cette question devrait être rendue « dans les prochains jours ».

Sous conditions d’abstinence d’un an ?

Une décision très attendue par les associations de défense des droits homosexuels, qui réclament la levée de l’interdiction, comme certains politiques à l’image du député PS, Olivier Véran, auteur d’un rapport sur la filière du sang, ainsi que la Cour de Justice Européenne qui a jugé s’il s’agissait « d’une évidente discrimination ».

D’autres pays, dont l’Australie, le Japon et le Royaume-Uni ont déjà abandonné l’interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang sous conditions. Le critère ? Une période de douze mois sans relation sexuelle. Soit, une (trop) longue période d’abstinence qui permettrait de ne plus craindre la période dite « silencieuse » d’une dizaine de jours, entre le moment où la personne a été en contact avec un virus et le moment où le virus devient détectable.

Selon une étude de l’Université de Californie, publiée en septembre 2014, la levée de l’interdiction aux homosexuels de donner leur sang pourrait sauver un million de vie dans le monde.

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Laurie Ferrère