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L'eldorado du fond des mers

Dans Conso > Maison

Publié le : 04 avril 2008
Dernière mise à jour : 15 mai 2009
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Les abysses n'abritent pas que des créatures étranges. Ils recèlent aussi des métaux précieux. Un trésor d'autant plus convoité que les océans couvrent 70% de la surface du globe.

La prochaine ruée vers l'or aura peut-être lieu à... 2000 m de profondeur. Or, argent, cobalt, manganèse, zinc... les fonds marins cachent de précieuses pépites. Ainsi, la moitié de la production de diamant de la société De Beers est d'origine sous-marine. Un gisement au large de la côte sud de l'Afrique à quelques centaines de mètres de profondeur.

  1. Un Eldorado découvert récemment.

    Sa découverte remonte à 1989. Cette année-là, une expédition du navire scientifique allemand Sonne repère des concentrations d'or de plus de 30 g par tonne.

    Une mine d'or sous-marine située au large des îles Tonga. Ces découvertes lancent l'idée d'une exploitation commerciale des gisements sous-marins.

  2. Des arguments qui expliquent la convoitise.

    Près de vingt ans plus tard, ces importantes ressources restent quasiment inexploitées.
    Mais pas pour longtemps. Deux importantes compagnies minières ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Deux raisons expliquent leur appétit.

    - Les prix des métaux:
    Ils se sont envolés. Selon une étude de l'International Seabed Authority (Autorité internationale des fonds marins), le cours du cuivre a augmenté de 408 % depuis 2000, l'or, de 268 %, le cobalt, de 233 %, le nickel, de 578 %, le zinc, de 316 % et le plomb, de 209 %.

    - La facilité d'extraction:
    A la différence des mines terrestres, les gisements sous-marins se situent sur le plancher océanique. Il n'est donc pas nécessaire de déplacer d'importants volumes de roches ou de creuser des galeries. 

  3. La course aux licences d'exploitation.

    «Il y a vingt ans, la plupart des sociétés minières ne voulaient rien entendre au sujet de cette possibilité. Elles la croyaient trop difficile. Maintenant toutefois, certaines constatent qu'il est beaucoup plus facile de descendre une colonne d'eau de quelque 2 000 m que de passer par environ 2 000 m de roc», explique Steven Scott, directeur du Scotiabank Marine Geology Research Laboratory de University of Toronto.
    Voilà pourquoi l'exploitation minière des fonds marins a commencé.

    - En Papouasie-Nouvelle-Guinée:
    C'est en effet le premier État a avoir délivré des licences d'exploration minière pour ce type de gisement. C'était en 1997.
    L'heureux détenteur de cette licence est la société canadienne Nautilus Minerals. Elle détient 15 000 km2 de permis dans le bassin de Manus (mer de Bismarck) à l'ouest de la Nouvelle Irlande et dans la mer des Salomon. 
    En 2006, elle a signé un contrat avec la firme belge Jan de Nul pour la construction d'un navire d'exploitation minière baptisé Jules Verne qui entrera en service fin 2009.

    - En Nouvelle Zélande
    L'entreprise canadienne n'est pas la seule. Elle doit faire face à la concurrence de la firme britannique Neptune Minerals qui possède différentes concessions situées notamment au Nord de la Nouvelle-Zélande.

  4. Les ressources minérales.

    Ces entreprises mènent actuellement des expérimentations afin de mieux identifier les différentes ressources minérales sous-marines. Elles peuvent être classées en trois types. 

    Les nodules polymétalliques:
    Elles reposent sur le plancher sédimentaire, à demi enterrés. Composées entre autres de fer, de nickel et de manganèse, ces boules rocheuses de 5 à 10 centimètres de diamètre se trouvent à toutes les profondeurs. Mais les plus fortes concentrations se rencontrent entre 4 000 et 6 000 mètres de profondeur.

    - Les encroûtements à cobalt et oxydes de manganèse et de fer:
    Même contrainte qu' avec les nodules polymétalliques.

    - Les sulfures massifs: or, argent, cuivre... 
    C'est cette ressource qui intéresse le plus l'industrie minière. Ces sulfures sont produites par les sources hydrothermales, ces fameux geysers dont la température avoisine les 400°C. Lorsque cette eau entre en contact avec des courants froids, les minéraux se précipitent et créent des tours semblables à des cheminées appelées fumeurs noirs. Avec le temps, ces tours s'effondrent et s'accumulent pour former des dépôts de minerai, dont certains sont riches en or, en argent, en cuivre, en plomb et en zinc. Ils forment des gisements de quelques milliers de tonnes à la centaine de millions de tonnes.
    Seul bémol : ramasser ces minerais n'est pas si simple. Situés sur le plancher sous-marin, les gisements exigent de mettre au point des engins télécommandés qui doivent pouvoir pénétrer et désagréger des matériaux durs dans des conditions sous-marines. Le minerai sera ensuite amené à la surface par des canalisations jusqu'à des navires miniers ou des plateformes semi-submersibles telles que celles utilisées par l'industrie de l'exploitation pétrolière en mer.

  5. Les ressources en gaz naturel.

    Les expériences acquises dans le pétrole offshore seront très précieuses pour faciliter l'exploitation minière sous-marine. L'extraction du pétrole au fond des océans n'a pas été facile. Mais quarante ans après les premiers forages, l'exploitation du pétrole sous-marin, près de 30% du pétrole mondial, se fait de plus en plus profond: jusqu'à 2500 mètres dans le golfe du Mexique. Les 3000 mètres seront atteints d'ici quelques années. Cette expérience sera très utile pour récupérer une énergie qui fait rêver tous les industriels: les hydrates de gaz naturel.

    Ressemblant à de la glace, ces molécules de gaz (comme le méthane) constituent un fabuleux trésor énergétique. Elles représenteraient deux fois l'équivalent de méthane des réserves prouvées de charbon, pétrole et gaz réunis.
    Le service géologique américain (USGS) a en effet récemment estimé à 20 milliards de km3 la quantité de méthane présente sous forme d'hydrate dans les fonds marins et les sols gelés arctiques.
    On comprend mieux pourquoi ces sols gelés attirent autant la convoitise de certaines multinationales et pays.

    La fonte des neiges n'est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde...