En été, pourquoi un CDI est-il si facile à décrocher ?

En juillet-août, les étudiants sont nombreux à vouloir décrocher un petit boulot pour l'été. De plus en plus d'employés leur offrent des CDI, qui cachent parfois un abus de pouvoir.

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Le CDI ! But ultime de nombreux jeunes au sortir des études. Signe particulier ? Ce type de contrat ne court pas les rues, on pourrait même penser qu’il se cache. 

Pourtant, à l’été, chaque année, les offres de contrat à durée indéterminée refont surface, au grand bonheur des jeunes adultes… Mais surtout des entreprises !

A priori, un CDI vaut mieux qu’un CDD. On le pense moins précaire et on aurait tendance à voir en lui une garantie de longévité. Cependant, sans tomber dans la paranoïa, ce n’est pas toujours le cas.

Nombreux sont les jeunes qui se retrouvent employés en CDI, pour finalement être remerciés peu de temps après, au terme de la période d’essai règlementaire. Grégory Crochemar, 25 ans, commis de cuisine a été victime trois fois de cette combine, confie au journal Le Parisien : »J’avais signé un CDI. J’ai enchaîné deux mois dans un grand hôtel et fin août, la direction a attendu le dernier moment pour m’annoncer que je ne continuerai pas. Ils m’ont dit que je manquais de motivation ». Quel intérêt pour l’employeur ? Le salarié, étant en contrat à durée indéterminé, ne bénéficie pas, à la fin des deux mois d’essai, de la prime de précarité. De plus, son employeur peut le renvoyer sans motif au terme de cette période.

Un système dont abuseraient surtout les restaurants et petits commerces en période estivale, dans les zones les plus touristiques, selon les propos de la CGT-Commerce Paris, interrogée par le quotidien.

Mais selon le journal, les grandes enseignes profiteraient également de la situation et surtout, de la méconnaissance du droit du travail des jeunes. Abercrombie & Fitch, marque de vêtements américaine, aurait l’habitude de faire signer des CDI aux saisonniers, en les prévenant au préalable que leur contrat prendrait fin au terme de l’été.

Des pratiques qui sont bien sûr illégales, mais qui ne cesseront pas si les jeunes travailleurs ne se rebiffent pas en portant leur cas aux prud’hommes. Malheureusement, rares sont ceux qui souhaitent s’engager dans de telles procédures.

Mathilde Bourge