Enfants et écrans : pas avant 3 ans !

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a publié une nouvelle mise en garde dans laquelle il alerte les parents sur la nocivité des écrans sur les tout-petits.

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Enfants et écrans : pas avant 3 ans ! ©ShutterStock

Télévisions, tablettes, ordinateurs… Il n’est plus rare de trouver un enfant devant ces écrans. Croyant bien faire, certains parents laissent leurs bambins regarder des dessins animés toute une matinée ou bien jouer au dernier jeu à la mode sur la tablette familiale. Pourtant ces activités, devenues des habitudes, ne sont pas sans danger pour la santé des tout-petits. Dans une nouvelle mise en garde publiée jeudi 18 février, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) alerte les parents sur la nocivité de telles pratiques sur les enfants et notamment sur ceux âgés de moins de trois ans.

Des risques pour le développement de l’enfant

L’autorité supérieure estime qu’avant cet âge, la télévision peut engendrer des retards de développement, même lorsqu’il s’agit de chaînes qui s’adressent spécifiquement à eux. « Pour développer ses capacités, l’enfant doit utiliser activement ses cinq sens en s’appuyant notamment sur la relation avec un adulte qui répond à ses sollicitations. Il a besoin de se percevoir comme pouvant transformer le monde, ce qu’il fait par exemple quand il manipule des objets autour de lui, explique le CSA. L’exposition passive à des images diffusées sur un écran ne favorise pas ce type d’interactions et peut au contraire freiner le développement du tout-petit. »

Le CSA met également en garde les parents qui pensent que la télévision est un moyen efficace pour apaiser leurs enfants. C’est bien tout le contraire. L’autorité explique que le petit est en réalité capté par le flux d’images et de sons provenant de l’écran et qu’il ne comprend pas, « ce qui peut donner l’illusion d’un effet calmant. Pourtant, ce calme sera suivi d’une agitation mal comprise qui amènera les parents à augmenter l’exposition à la télévision, risquant ainsi d’accentuer son effet néfaste sur l’enfant. »

Et après trois ans ?

Passé cet âge, le CSA estime que les émissions adaptées peuvent avoir un intérêt pédagogique. Elles peuvent en effet, « stimuler certaines capacités de l’enfant, comme la mémoire ou la reconnaissance des lettres de l’alphabet ».

Toutefois, il précise que le temps passé devant ces programmes ne doit pas dépasser les 10 minutes, car cette durée représente un temps de concentration élevé pour un tout-petit. Le CSA recommande de privilégier des sessions courtes, « avec la possibilité de recevoir plusieurs fois le même programme afin de comprendre l’action et les intentions des personnages ». Le « zapping » intensif est à éviter pour ne pas gêner sa compréhension.

Enfin, selon l’autorité, jusqu’à 8 ans, seuls les programmes jeunesse sont adaptés (animation, films pour enfants, émissions éducatives ou documentaires). Le temps est lui aussi limité.

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Marine Vautrin