Étiquetage nutritionnel : quatre logos testés à la rentrée

Des logos nutritionnels seront testés à la rentrée prochaine pendant trois mois dans 50 supermarchés pour lutter contre le surpoids en France. Un d’entre eux sera choisi par le ministère de la Santé pour être généralisé en 2017 sur les emballages alimentaires.

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Étiquetage nutritionnel : quatre logos testés à la rentrée ©ShutterStock

Il sera bientôt possible de savoir si un produit acheté en grande surface est bon pour la santé ou non. Dès septembre prochain, des logos nutritionnels vont faire leur apparition sur les emballages de produits alimentaires d’une cinquantaine de supermarchés tirés au sort, et ce pour une durée de trois mois. Cette expérimentation menée par le ministère de la Santé permettra d’orienter les acheteurs sur leur choix nutritionnel.

L’objectif de cette initiative est de lutter contre le surpoids. « Aujourd’hui, un tiers des Français est en surpoids, le nombre de diabétiques augmente et il y a là aussi des inégalités puisqu’un fils d’ouvrier a cinq fois plus de risque d’être obèse qu’un fils de cadre. Mon objectif, c’est que chacun puisse, d’un simple coup d’œil, évaluer ce qu’il achète », explique Marisol Touraine, la ministre de la Santé, dans une interview accordée au Parisien.

Ne pas imposer un régime alimentaire mais informer le consommateur

Il ne s’agit pas de se voir imposer ou prescrire un mode d’alimentation contraire à ses habitudes, selon la ministre. Il faut être capable de manger de tout, en se faisant plaisir tout en sachant prendre soin de soi. « Evidemment, il ne s’agit pas de choisir entre un yaourt et une pizza, mais entre deux yaourts, entre deux pizzas : lequel est meilleur pour ma santé ? L’équilibre nutritionnel, ce n’est pas seulement faire attention à sa ligne, c’est d’abord faire attention à sa santé », indique-t-elle.

Contrairement aux idées reçues, bien manger ne coûte pas plus cher. « Le produit le plus onéreux n’est pas forcément le meilleur. Le choix du consommateur restera son choix, mais ma responsabilité, c’est de faire en sorte qu’il ait toute l’information nécessaire pour le faire et que cette information soit simple », ajoute Marisol Touraine.

Quatre logos vont ainsi être testés

Quatre logos au total seront ainsi mis en place, regroupant alors les « descriptifs » et les « synthétiques ». « L’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) les trouve tous les deux de bonne qualité. J’ai pris la décision de les tester auprès des consommateurs pour pouvoir choisir celui qui est le plus efficace, en vue d’une application en 2017 », indique Marisol Touraine. « Chacune des signalétiques sera testée dans dix supermarchés. Dix autres supermarchés n’auront, eux, pas de logo pour faire la comparaison. Dans chacun de ces supermarchés, ce sont plus de 800 produits qui vont être étiquetés. Bien sûr, tous les produits d’une même gamme porteront un logo. Si on décide d’étiqueter une pizza, toutes les pizzas le seront. Parce que toutes les pizzas ne se valent pas sur le plan nutritionnel ».

Des couleurs pour faire la différence

Deux logos existent déjà en Europe. Ceux sont les « descriptifs ».

– Le logo RNJ (repères nutritionnels journaliers) qui existe au Royaume-Uni, ou « Traffic lights » en anglais, permet, à partir d’une échelle à trois couleurs, de visualiser (en % et en valeur), la contribution de l’aliment par rapport aux besoins en énergie, matières grasses, sucre, sel et acides gras saturés.

– L’autre est le logo « nutri-repère ». Il donne la même information que le logo RNJ mais sans code couleurs.

Les deux autres logos dits synthétiques ont été créés spécialement pour l’occasion par des scientifiques et des industriels en France.

– L’un d’eux est appelé logo « 5 couleurs dit nutri-score ». Il est composé de code couleurs et divisé en 5 catégories (A, B, C, D et E) élaborées en fonction des teneurs en nutriments de base (protéines, glucides ou sucres, lipides). Les couleurs vont du vert foncé (pour la lettre A) au rouge (pour le E), en passant par le vert clair, le jaune et le orange. Ainsi pour un produit désigné par la lettre E par exemple, la couleur rouge indiquera une teneur trop élevée en sel, en gras ou en sucre.

– Le dernier logo « 4 couleurs sens » indique la fréquence souhaitable de consommation à partir des teneurs en nutriments de base. Des triangles de couleur : du bleu, du vert, du orange et du violet pour signifier la fréquence de consommation des aliments, en fonction des teneurs suivantes : très souvent (pour conseiller une consommation plus importante en fruits et légumes par exemple), souvent, régulièrement en petite quantité ou occasionnellement en petite quantité.

Un logo unique pour 2017 ?

Au bout des trois mois, le logo gagnant sera désigné par le ministère pour une généralisation en 2017. Toutefois, son usage restera facultatif. Les industriels ne seront ainsi pas obligés d’intégrer ces logos dans le packaging du produit alimentaire. D’ailleurs, certains distributeurs s’opposent à cette présentation jugée discriminante pour les emballages étiquetés en rouge par exemple. Le gouvernement espère que si l’un des commerçants décide de faire apparaître ces logos nutritionnels, les autres devraient suivre.

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Roumaissa BENAHMED