Être en surpoids peut nuire à l’embauche

Le physique peut-il être un frein à l’embauche ? Oui, selon un sondage rendu public ce lundi 15 février par l’Organisation international du travail (OIT) et le Défenseur des droits. Les personnes en surpoids ou obèses seraient davantage discriminées, surtout les femmes.

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Être en surpoids peut nuire à l’embauche ©ShutterStock

Le critère de l’apparence physique fait, depuis près de 15 ans, partie des motifs de discrimination interdits par la loi. Pourtant, ce critère spécifique a encore du mal à trouver sa place dans le paysage juridique français. Et il serait encore un facteur déterminant pour les recruteurs. C’est en tout cas ce que dévoile le 9e baromètre publié conjointement par l’Organisation international du travail (OIT) et le Défenseur des droits, ce lundi 15 février.

D’après cette étude, 8% des chômeurs interrogés * déclarent avoir été discriminés à l’embauche du fait de leur apparence physique : 10% des femmes et 6% des hommes en recherche d’emploi. Ce qui fait du physique le deuxième critère de discrimination, après l’âge.

Les femmes les plus touchées 

Une discrimination notamment liée au poids des candidats. Et ce sont les femmes qui sont le plus visées. « Les femmes obèses rapportent 8 fois plus souvent que les femmes d’IMC ‘normal’ avoir été discriminées à cause de leur apparence physique », détaille l’étude. Et les femmes en surpoids « rapportent 4 fois plus souvent avoir été discriminées à cause de leur apparence que les femmes ayant un IMC ‘normal’ ». Selon Sylvie Benkemoun, vice présidente du Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (Gros), citée par France Info, « le fait d’être en surpoids est souvent associé à l’idée d’incapacité. Incapacité à se contrôler, à progresser, à bien se comporter dans un collectif de travail. »

Quant aux hommes obèses, ils se déclarent discriminés seulement trois fois plus que les hommes de poids normal. Et ceux en surpoids, ils sont moins nombreux que ceux de poids normal à se dire victime de discrimination : « le surpoids n’a pas d’effet spécifique chez les hommes ».

Les femmes mal habillées également sanctionnées

Outre l’obésité ou le surpoids, le style vestimentaire (vêtements, tatouages, piercing, coiffure) est également un des principaux facteurs de discrimination. 21% des sondés jugent que leurs attributs vestimentaires sont en cause. Parmi eux, ce sont les femmes qui sont encore les plus touchées. « Les femmes ayant un style atypique rapportent 8 fois plus que les femmes ayant un style classique ou décontracté avoir été discriminées à raison de leur apparence physique ». Alors que chez les hommes cette proportion est deux fois moins importante. Ils déclarent 4 fois plus souvent avoir été discriminés à cause de leur style : « La sanction sociale de l’apparence vestimentaire pèse ainsi plus fortement sur les femmes que sur les hommes ».

Malheureusement, ces discriminations, interdites par loi, restent difficiles à prouver. Un employeur pourra toujours justifier son refus en invoquant des exigences professionnelles spécifiques liées au poste à pourvoir. Ainsi, pour lutter contre la discrimination à l’embauche, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a annoncé, vendredi 12 février, qu’une grande campagne de « testing » sera prochainement lancée.

* Échantillon de 998 demandeurs d’emploi âgés de 18 à 65 ans, représentatifs de la population des demandeurs d’emploi (méthode des quotas), interrogés par questionnaire auto-administré en ligne du 27 octobre au 18 novembre 2014. Les demandeurs d’emploi sont des personnes ayant déclaré être en recherche d’emploi et inscrites à Pôle emploi au moment de l’enquête.

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Marine Vautrin