Excès de vitesse : les radars flashent toujours plus

Le nombre d'excès de vitesse enregistré sur les routes a considérablement augmenté ces derniers mois. Les radars pédagogiques seraient la principale cause de cette hausse.

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Les automobilistes français ont le pied lourd sur l’accélérateur. Le nombre de messages d’infractions (MIF) recueillis par les radars automatisés sur nos routes a fait un bond de 14,3 % entre janvier et août, par rapport à la même période en 2011. Au total, 13,81 millions de messages ont été décomptés contre 12,09 millions l’année dernière. Un record a même été enregistré le 21 juillet dernier, avec plus de 100 000 infractions en une journée.

Comment expliquer une telle augmentation ? La mesure prise l’an passé par Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur, de retirer les panneaux annonçant la présence d’un radar pour les remplacer par des radars pédagogiques pourrait en être la cause. Les chiffres recueillis par les services de l’Etat révèlent en effet que les automobilistes se font davantage flasher par un radar précédé d’un appareil pédagogique que d’un panneau d’information. «Nombre d’usagers n’ont pas compris que ces appareils pédagogiques annoncent le plus souvent un dispositif sanction. Il est vrai aussi que certains sont installés seuls sur les routes. Alors les automobilistes s’y perdent et se font avoir!», note un membre de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (Antai).

Egalement mis en cause : l’assouplissement du permis à points voté en février 2011 par les parlementaires. Désormais, deux ans suffisent à un conducteur pour récupérer la totalité de ses points, quand trois étaient nécessaires auparavant. De plus, le délai d’un an pour récupérer un point perdu a été raccourci à six mois.

Curieusement, l’augmentation des infractions enregistrées n’est pas proportionnelle au nombre de tués sur la route. Depuis le début de l’année, on dénombre 8,3 % de morts en moins par rapport à 2011, mais la vitesse reste tout de même l’une des principales causes d’accidents mortels.

Mathilde Bourge