Fermeture de Megaupload : piratage et streaming dans le collimateur

La justice américaine a décidé de fermer le site Megaupload, considéré comme un de site de téléchargement de fichiers enfreignant la loi sur les droits d’auteur pour un préjudice estimé de 500 millions de dollars.

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Un membre d'Anonymous et son masque de V for Vendetta ©Sipa

Les apprentis pirates du net devront sans doute prochainement changer leurs habitudes : le site de téléchargement Megaupload et sa déclinaison Megavideo sont désormais fermés sur décision de la justice américaine. Le groupe Megaupload qui possède 18 sites est ainsi accusé de mettre à la disposition des internautes des films ou séries au mépris du respect des droits d’auteur. Car si le service de Megaupload est en théorie parfaitement légal il est en pratique détourné et parfaitement hors la loi.

Megaupload n’est en théorie qu’un immense site de partage de fichiers. Dans une interview accordée récemment au Nouvel Obs, Emmanuel Gadaix porte parole du groupe déclarait ainsi : « nous ne sommes pas un site pirate, seulement un prestataire de service ». La justice américaine n’a semble-t-il pas été convaincue par cet argument. S’il est effectivement possible d’utiliser Megaupload pour partager un film de vacances, votre thèse de doctorat, votre nouvelle composition musicale pour en faire la promotion vous pouvez aussi en toute tranquillité y partager le dernier Pirates des Caraïbes ou la saison complète de Desperate Housewives… Ce qui est évidemment parfaitement illégal…

Le préjudice subit par l’industrie culturelle serait estimé à plus 500 millions de dollars alors que Megauplaod aurait dans le même temps, grâce à ce prolifique business empoché 175 millions de dollars… La société Megauplaod est aussi inculpée, outre la violation des droits d’auteur, de blanchiment d’argent et de tentatives de racket. La belle histoire des créateurs de ce site de partage pourrait se solder par 20 ans de prison… Des poursuites ont ainsi été lancées contre Kim Dotcom, le PDG et propriétaire et 6 autres responsables du site. Quatre d’entre eux auraient d’ores et déjà été arrêtés en Nouvelle-Zélande alors que 50 millions d’avoirs auraient aussi été d’ores et déjà saisis.

Suite à cette annonce, le collectif de hackers Anonymous s’est aussitôt attaqué après une annonce sur Twitter aux sites du FBI, de la justice américaine, aux sites de l’industrie de la musique (RIAA) et du cinéma (MPAA) aux Etats-Unis mais aussi à Hadopi.fr. Des sites qui ont été bloqués mais qui fonctionnent désormais à nouveau à cette heure. Anonymous qui aurait mis le paquet pour ses représailles qui selon le groupe de pirates ont mobilisé 5 000 internautes. Le web et les adeptes de la liberté absolue en ligne ont donc réagi de façon très virulente à cette annonce de la justice américaine survenue jeudi 19 janvier.

Cette décision pourrait en tout cas être un précédent dans les démarches à l’encontre des sites de téléchargements mais aussi de streaming qui sont eux aussi dans le collimateur de la justice depuis longtemps. En France même où Nicolas Sarkozy a salué l’initiative de la justice américaine, cette décision pourrait motiver d’autres actions à l’encontre des pirates. Le président « invite les ministres concernés ainsi que la Hadopi, qui vient d’engager une consultation à ce sujet, à étudier rapidement l’utilité de compléter notre législation par de nouvelles dispositions ».

Cette décision contre Megaupload ne sera très certainement pas sans conséquence même si dans le monde des pirates on le sait, les moyens de contourner la loi et les problèmes sont extrêmement nombreux.

Rédaction