Free Mobile : le réseau fonctionne mais Xavier Niel admet des défaillances

Auditionné à l’Assemblée nationale ce mercredi matin, Xavier Niel, le patron de Free, a confirmé que le réseau Free Mobile était bien « allumé ». Il a cependant dû admettre les défaillances du nouvel opérateur, principalement causées par son énorme succès.

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Xavier Niel ©DR

Xavier Niel, le PDG de Free, était auditionné ce matin par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Il a réaffirmé que son réseau était allumé contrairement à ce que veulent faire croire les opérateurs concurrents. Bouygues Telecom avait même envoyé des huissiers en Bretagne pour vérifier que le réseau n’était pas « allumé ». Il prend pour preuve l’Arcep (le « gendarme » des télécoms) qui avait constaté avant le lancement que le réseau Free couvrait 27% de la population. En dessous de ce chiffre, l’opérateur n’aurait pas été autorisé à entrer sur le marché. Pour compléter ce réseau encore très incomplet, Free loue celui d’Orange au moyen d’un contrat d’itinérance. Pour Niel, si ses concurrents ont des reproches à lui faire sur ce sujet, ils n’ont qu’à « poursuivre l’Arcep ».

Il y a bien eu des défaillances

Niel n’a cependant pas pu se défendre de tout et a confessé que le succès de ses offres a été plus important que prévu, surtout les premiers jours. Cela explique les problèmes liés aux demandes d’abonnement sur internet, à la portabilité du numéro de téléphone et aux livraisons de cartes SIM. Pour lui, ces soucis ont cependant été amplifiés par la presse et la concurrence : « Nous avons eu des problèmes avec les clients dans le cadre des portabilités de numéro. Cela concerne quelques centaines de SIM qui ont pu se perdre (…) Mais ces problèmes sont montés en épingle, et c’est de bonne guerre ».

Free Mobile toujours aussi ambitieux

Les critiques incessantes dont Free Mobile est victime depuis son lancement il y a deux semaines n’ont malgré tout pas entaché l’optimisme de son patron qui espère couvrir 90% de la population avant 2018 (le délai maximal pour le faire). Il a déjà commandé 5 000 nouvelles antennes en plus des 1 000 déjà installées. Pour ce qui est du présent, Niel a donné sa vision de la réalité actuelle du marché de la téléphonie mobile : « Tous les moyens sont bons pour discréditer le petit nouveau, mais à ce jour les prix n’ont pas baissé pour 90% des Français ! [Les autres opérateurs] sont devenus des entreprises de rendements. Free n’est pas une entreprise low cost, nous sommes une entreprise raisonnable. Mon salaire est 15 à 30 fois inférieur à celui de mes concurrents (…) Mon salaire est de 173 000 euros annuels. ». A bon entendeur…

Adrien Guiset