Gare aux compléments alimentaires au chrome

Selon une étude australienne, une consommation à long terme de compléments alimentaires à base de chrome serait dangereuse pour la santé. Ils pourraient s’avérer cancérogènes.

0
1066
Compléments alimentaires : gare au chrome ©ShutterStock

Recommandé pour réguler le taux de glycémie et de glucide dans l’organisme, le chrome aide le sucre à être assimilé par le sang et élève le niveau du bon cholestérol. Il est notamment prisé par les personnes qui font de la musculation ou encore par celles désireuses de mincir. Mais fait inquiétant, une partie du chrome III, présent dans ces compléments, se transformerait en une forme cancérogène, surtout lorsque ces compléments sont pris sur le long terme, révèle une étude australienne, publiée dans la revue Angewandte Chemie.

Apparition d’une forme cancérogène

Pour parvenir à une telle conclusion, les chercheurs de l’Université de Sidney ont traité en laboratoire des cellules graisseuses d’animaux en leur donnant du chrome III, appelé trivalent. Après analyses à l’aide de rayons X, les scientifiques ont remarqué une accumulation de l’oligoélément dans les cellules ainsi qu’une apparition du chrome VI, très toxique et associé au cancer des poumons, entre autres. « Nous avons pu montrer qu’un phénomène d’oxydation du chrome III se déroule dans la cellule. C’est ce processus qui aboutit à la forme cancérogène », explique le Dr Lindsay Wu, responsable des travaux.

Sur la santé, les effets sont lents et difficilement détectables puisque les premiers symptômes liés à une forte exposition au chrome VI peuvent être découverts qu’au bout de 20 ans. Ce qui suscite en effet des questions quant à la prise des compléments à base de chrome à haute dose et sur le long terme. En France, la dose maximale  est de 25 microgrammes mais certains compléments peuvent largement dépasser cette limite.

Les chercheurs précisent que d’autres travaux devront être réalisés pour confirmer ces résultats. Mais que l’on se rassure, ils affirment que ce processus ne n’applique pas dans les aliments naturellement riches en chrome, comme les brocolis, les pommes de terre ou encore les œufs. Le chrome n’est pas à bannir, au contraire. L’organisme n’en a besoin que d’une petite quantité, au risque de présenter une carence et de développer du diabète.

Lire aussi : Antibiotiques : laissez-les agir !

Justine Dupuy