Ikéa offrait des bons cadeaux à la Police, en échange d’infos !

Le magasin Ikéa de Gonesse, dans le Val d'Oise, reconnaît avoir offert des bons d'achats à la police locale en échange d'informations confidentielles sur ses employés... Des révélations qui risquent de mettre en kit le géant suédois !

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Ikéa offrait des bons cadeaux à la Police ©ThinkStock

Un peu plus d’un mois après avoir été accusée d’espionnage sur ses salariés et ses clients, l’entreprise Ikéa France est à nouveau pointée du doigt pour des pratiques douteuses. Selon une enquête du site Mediapart, le magasin de Gonesse, dans le Val d’Oise, s’est mis la police locale dans la poche, en arrosant les officiers… de bons d’achat ! En échange, ces derniers fournissaient des informations sur les employés du magasin.

Des documents l’attestent : une dizaine de chèques cadeaux, d’un montant de 100 euros chacun, aurait été remis en octobre 2002. L’ex-directeur de Gonesse, Paul Magnan, aujourd’hui à la tête du magasin de Strasbourg, ne nie pas les faits. «On s’efforce d’avoir de bonnes relations avec les partenaires locaux, en remettant des bons d’achat à des clubs de foot, à des associations, etc.», se justifie-t-il. Un autre ancien gérant, qui a souhaité garder l’anonymat, confirme qu’il est nécessaire de soudoyer ainsi la police pour obtenir des renseignements sur les syndicalistes du groupe ou, tout simplement, pour qu’elle se déplace « quand on en a besoin ».

Quand Ikéa emploie des ex-gendarmes…

Mais l’affaire va plus loin. Le magasin Ikéa de Gonesse aurait employé, au début des années 2000, un ancien gendarme, pour surveiller les fraudes au sein de l’établissement. Laurent Leroy avait gardé de bonnes relations avec ses anciens collègues, qui pouvaient, à tout moment, lui fournir des informations confidentielles sur les salariés. C’est ainsi que la direction d’Ikéa a eu accès aux comptes bancaires d’une employée soupçonnée de vol. Laurent leroy affirme avoir pu le faire parce qu’il était « un (ex) de la maison d’en face (la gendarmerie, ndlr) parce que dans le cadre d’une telle enquête, ce n’est pas vraiment autorisé ».

Ces nouvelles révélations pourraient bien aggraver le cas d’Ikéa. Le groupe fait l’objet d’une enquête préliminaire, depuis un mois, au parquet de Versailles pour « utilisation frauduleuse de données personnelles ».

Julie Toury