Il enseigne le Totalitarisme en poussant à la délation

La manière forte, c’est ce qu’a employé un professeur d’Histoire en Russie. Pour mieux faire comprendre le Totalitarisme à ses élèves, ils les poussent à la délation.

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Sur les seize élèves que compte sa classe, un seul a refusé de se prêter à l’expérience. ©ShutterStock

Alexander Fokin, professeur d’histoire à Chelyabinsk, en Russie, s’est-il inspiré du film La Vague ? Afin de faire comprendre à ses élèves comment ont vécu leurs grands-parents avant eux, sous l’ère soviétique, Alexander Fokin leur a donné pour devoir de dénoncer leurs proches.

1 seul élève à refuser l’exercice

Comme le raconte le site Quartz, le professeur d’Histoire à commencer par leur lire plusieurs exemples d’« authentiques » de lettres de dénonciation, datées de l’époque Stalinienne, lorsque des millions d’ennemis supposés du régime Soviétique étaient envoyés au goulag sur une simple lettre de dénonciation. Il leur a ensuite demandé de les reproduire en dénonçant l’un de leurs parents.

Pour Alexander Fokin : « il s’agissait d’analyser la langue de l’époque et de comprendre le rôle joué par la population dans la répression ». Une méthode forte qui porte ses fruits ?

Sur les seize élèves que compte sa classe, un seul a refusé de se prêter à l’expérience. Les autres se sont lancés, sans scrupule, dans le jeu de la délation. « Il a beaucoup de livres en allemand, c’est probablement un espion » peut-on lire sur une copie. Un autre élève lui accuse directement son professeur « de ne pas prendre en compte la réalité sociale de ses élèves ».

La Russie critique sur la méthode

Si Alexander Fokin, fier de son expérience s’est empressé de la raconter sur Twitter, la Russie elle n’approuve pas la méthode. Nombreux sont ceux qui l’ont accusé d’avoir « moqué l’Histoire» et de mettre en danger les enfants.

Des critiques que l’on comprend, quand on se souvient du film La Vague, de Dennis Gansel, dans lequel un professeur avait recréé dans sa classe un régime totalitaire – avec uniforme, devise et salut – et qui se solde par une fin tragique.

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Laurie Ferrère