Immobilier: quand les grosses fortunes font flamber les prix

Comme un pavé dans la mare fait des cercles concentriques, l’envolée des prix dans le haut de gamme se répercute sur tout le marché immobilier… Merci qui?

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Roman Abramovitch ©Visual PA

Des villas dans le sud

Il n’y a pas que les artistes qui aiment le Midi. A Saint-Tropez, le milliardaire russe Roman Abramovitch, propriétaire du club de foot londonien de Chelsea, a déboursé 43 millions d’euros pour une propriété qu’il met à la disposition de Tatiana Eltsine, fille de l’ancien Président de Russie. Mais c’est à Villefranche-sur-Merque se situe le joyau de la Côte, la villa Leopolda, appartenant à une famille libanaise. En 2008, l’homme d’affaires russe Mikhaïl Prokhorov s’était porté acquéreur pour… 370 millions d’euros, plus 19, 5 millions pour les meubles. Crise oblige, il a changé d’avis… et a été condamné à verser 39 millions d’euros au propriétaire pour ne pas avoir honoré sa promesse d’achat!

Des hôtels particuliers à Paris

Dans les quartiers chics de la capitale, où le m2 peut atteindre 30.000€ (6 millions d’euros pour un 200m2), 90% des acheteurs sont des étrangers. Américains, Russes, princes arabes, et de plus en plus de Chinois… Une aubaine pour les marchands de biens : ils achètent des appartements à 20.000€ le m2, font 5.000€ de travaux par m2, qu’ils revendent 30.000€. Pour un appartement de 200m2, ça représente un bénéf d’un million d’euros! Dans ce Monopoly de milliardaires, le record appartient au Président gabonais Bongo Ondimba, qui a déboursé quelque 98 millions pour racheter à la famille italienne Pozzo di Borgo l’ hôtel particulier Soyecourt, dans le VIIe arrondissement. Record qui pourrait être battu: avenue Foch, le palais Montmorency, 3.100m2 et 20 pièces, qui appartient à une famille du golfe Persique, a été mis à prix 100 millions d’euros. Des Russes et des Chinois seraient intéressés.

Olivier Annichini