Reliques religieuses : de plus en plus nombreuses
L'église et les puissants ont rapidement compris que la ferveur des fidèles faisait recette. Depuis plusieurs siècles, les reliques du Christ foisonnent...
Objets, depuis deux millénaires, d'un fructueux commerce, les reliques de Jésus ont fait la fortune des rois qui les ont acquises, des villes où elles sont exposées.Petite leçon d'histoire d'objets très convoités.
- La sainte Croix
Hélène, mère de l'empereur Constantin le Grand, chrétienne romaine, à l'évidence très croyante, aurait découvert les restes de la fameuse croix. En 328, à l'occasion d'un pèlerinage à Jérusalem, un signe céleste lui aurait indiqué le lieu à creuser. Elle en retira trois croix, celle du Christ et celles de deux autres victimes.
Comment reconnaître la bonne? Pas de problème qu'un bon miracle ne saurait régler. On amena une femme mourante. Au contact de la première croix, la moribonde demeura moribonde. La seconde croix, ne produisit pas plus d'effet, mais à peine la femme eut-elle touché la troisième qu'elle se leva en pleine forme.
Hélène partagea la croix en trois fragments : le premier destiné à Jérusalem, le second à Constantinople, le troisième à Rome. L'un d'eux fut installé au XVIIe siècle dans la basilique Saint-Cernin de Toulouse, où il se trouve encore aujourd'hui. Un autre est conservé en Anjou. Quatre autres se trouvent à Liège, dans la collégiale Sainte-Croix. - La Sainte Tunique
Retrouvée à Jaffa en 590, offerte par l'empereur Constantin VI à Charlemagne, conservée aujourd'hui à la Basilique Saint Denys à Argenteuil, la tunique que Jésus aurait portée lors de son chemin de croix fait encore l'objet d'un culte par des millions de Chrétiens.
Mais alors, comment interpréter l'Evangile de saint Luc rapportant que les fidèles de Jésus emportèrent ses vêtements à l'issue de la crucifixion ? Ou encore l'Evangile de Jean qui précise que Jésus fut dépouillé de ses vêtements ?
L'inquisition scientifique finira donc par mettre tout le monde d'accord. Des chercheurs du CEA ont prélevé un morceau de la sainte étoffe pour le soumettre à l'impitoyable épreuve du carbone 14. Le morceau de tissu analysé ne daterait hélas pas de l'époque du Christ mais de la fin du VIéme siècle.
- Le Saint Suaire
Depuis sa première exposition en 1357 à Lirey, en Champagne, le saint Suaire soulève engouement, débats et... Passion.
En 1418 la relique se trouve à Saint Hippolyte-sur-Doubs, en 1452 à Chambéry, puis, après avoir été exposé à Liège, Bourg-en-Bresse ou encore Milan, depuis 1578 à Turin, en Italie.
Ce drap de lin de 4 mètres de long sur lequel est imprimée la silhouette d'un homme ressemble bien à l'idée que les croyants se font de l'apparence de Jésus. Mais il en faut plus pour faire d'une image une réalité. Le miraculeux carbone 14 datera l'étoffe des années 1260-1390. Le suaire était donc l'œuvre d'un talentueux artiste du Moyen âge.
De plus, nombre de chevaliers et de fidèles voulaient vivre l'expérience de la crucifixion pour se rapprocher (sans mourir) de leur Dieu. Le corps inscrit dans le drap pourrait être celui de l'un de ces doloristes.
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