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Arme de guerre

Appel à la grève du sexe, au Togo

Le 27/08/2012 à 07:27:35
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Le collectif Sauvons le Togo a appelé toutes les femmes du pays à faire la grève du sexe, pour encourager leurs maris à s'investir davantage dans la lutte menée contre le président Gnassingbé.

Les Togolaises ont trouvé un moyen de pression inhabituel pour inciter leurs maris à se joindre à leur mouvement de protestation contre le président Faure Gnassingbé : l'abstinence. Le collectif Sauvons le Togo (CST) a appelé toutes les femmes du pays à faire la grève du sexe, à partir du lundi 27 août, suivant ainsi l'exemple des Libériennes, qui, en 2003, avaient pris cette même initiative pour tenter de mettre fin à une guerre civile. "C'est pour nous une manière de contraindre tous les hommes (...) à s'investir davantage dans la lutte menée par le collectif Sauvons le Togo depuis plusieurs semaines", a déclaré à l'AFP Isabelle Améganvi, membre du collectif.

Des manifestations en chaîne

Le CST regroupe neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements d'opposition. Il est à l'origine de trois manifestations, organisées la semaine dernière à Lomé, la capitale du pays. Ses partisans réclament une réforme du code électoral, dont les lignes principales ont été adoptées sans consensus par l'Assemblée en place. Il demande aussi le report des élections législatives, prévues en octobre, à juin 2013, en raison du retard pris dans l'organisation du scrutin.

La grève du sexe, une "arme de lutte"

Cet appel à la grève du sexe, ainsi que toutes les descentes du peuple dans la rue, sont surtout une façon de dire stop à la politique menée par Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005, à la mort de son père Gnassingbé Eyadema, qui a lui-même dirigé d'une main de fer ce pays de l'Afrique de l'Ouest pendant 38 ans. "Les femmes sont les premières victimes de la situation catastrophique que nous vivons au Togo. Raison pour laquelle nous disons à toutes les femmes: une semaine sans sexe. C'est aussi une arme de lutte", a expliqué Mme Améganvi, la deuxième vice-présidente de l'Alliance nationale pour le changement, l'un des principaux partis d'opposition.

Par Julie Toury

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