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Combat

La loi permettra-t-elle un jour aux femmes de porter le pantalon ?

Le 19/04/2012 à 15:09:26
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« Ni putes ni soumises » veut faire annuler la loi interdisant aux femmes de porter un pantalon. Une revendication symbolique pour la gente féminine.

L’association « Ni putes ni soumises » présente aujourd’hui 17 revendications qui seront soumises aux candidats à la Présidentielle, à la Maison de la Mixité. Parmi les propositions, figure le souhait de l’abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon.

Selon la loi du 26 Brumaire an IX de la République (17 novembre 1800), jamais abolie, « Toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de Police pour en obtenir l’autorisation », « cette autorisation ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé ». La loi a subi deux modifications, en 1892 et 1909. Elle autorise depuis les femmes à porter un pantalon, mais uniquement si elle tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval. Un texte ancien qui traduit les mœurs d’une époque révolue.

Si depuis longtemps, cette loi n’est plus appliquée, « Ni putes ni soumises » considère qu’elle n’a vraiment plus sa place dans la République française.

D’autres l’ont tenté avant

L’association n’est pas la première à tenter d’abroger la loi. En 1886, certaines femmes, menées par la Ligue de l’affranchissement des femmes, militaient déjà pour la « liberté de costume ».

Plus récemment, en 2010 et 2011, deux personnes ont tenté de supprimer cette loi. C’est un homme, Gérard Charasse, député de l’Allier, qui avait soumis l’idée à l’Assemblée nationale le premier. Il déclarait à l’époque que la loi « a été pensée en des temps révolutionnaires où l’on craignait que les femmes ne cachent des armes dans leur pantalon ». Mais la proposition, n’étant pas considérée comme une priorité, n’a pas eu de suite.

En 2011, Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère, dépose également une demande. Même résultat, puisque la proposition s’est retrouvée dans un « embouteillage de textes ».

Une portée symbolique

Bien entendu, il y a longtemps qu’aucune femme n’a été arrêtée et conduite à la préfecture de Police pour avoir osé porter un pantalon. La loi est devenue, par la force des choses, caduque, c’est-à-dire tellement absurde qu’elle est rendue inapplicable, même sans modification de texte.

La portée de cette demande est donc purement symbolique, car, pour Asma Guenifi, cette loi a un « caractère régressif et humiliant, il légitime le contrôle du corps féminin ». Selon elle, si les politiques mettent autant de temps à abroger cette loi, toujours considérée comme secondaire, cela prouve bien « qu’il y a encore une résistance de la domination masculine ».

Henriette Zoughebi, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, ajoute qu’ « aujourd’hui, c’est porter une jupe courte qui est considérée comme indécent, pas un pantalon. L’affirmation de la féminité n’est pas simple. Ce qui est remis en cause de nos jours, c’est globalement la liberté des femmes de s’habiller comme elles l’entendent ». La seule différence, dans ce cas de figure, c’est qu’aucune loi n’interdit aux femmes de porter des jupes courtes. Cependant, le combat est loin d’être gagné pour l’égalité hommes/femmes, selon ces féministes.

Par Mathilde Bourge

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