Intervention au Mali : qu’implique le renforcement du plan Vigipirate ?

Ce week-end, le plan Vigipirate est passé du « rouge » au « rouge renforcé », en raison de l’intervention militaire française en Mali et en Somalie. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

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Illustration sur le plan Vigipirate en gare Saint Charles à Marseille (2010) - Crédit photo : Pascal Pochard ©Sipa

Au niveau « rouge » depuis 2005 et les attentats de Londres, le plan Vigipirate est passé ce week-end au « rouge renforcé », après l’intervention militaire de la France au Mali et en Somalie. Qu’implique ce renforcement du dispositif antiterroriste ? Éléments de réponses.

Qu’est-ce que le plan Vigipirate ?

Créé en 1978 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le plan Vigipirate a été mis en place pour la première fois en 1991, durant la première guerre du Golfe. Conçu pour lutter contre la menace terroriste, il est réellement devenu effectif en 1995, après l’explosion d’une voiture piégée devant une école.

À quoi correspondent les couleurs ? Depuis 2003, le dispositif peut se présenter sous 4 couleurs : jaune, orange, rouge et écarlate. Le jaune étant le niveau d’alerte le plus faible, l’écarlate le plus élevé. Pour chaque couleur, il existe des dizaines de gradations.

C’est la première fois que le plan passe au « rouge renforcé » sur toute la France en dehors des fêtes de fin d’année, et pour une période indéterminée.

Plan Vigipirate « rouge renforcé » : quelles mesures vont être mises en place ?

L’état d’alerte « rouge renforcé » signifie que la menace d’attentats est probable. Dans un communiqué, Matignon précise que les mesures « concernent tout particulièrement les transports publics, notamment ferroviaires et aériens, la sécurité des bâtiments recevant du public, la sécurité des rassemblements de personnes ».

Concrètement, cela signifie qu’il y aura :

– un renforcement des contrôles aléatoires des bagages, avant l’accès aux trains ;

– le déploiement de patrouilles à l’intérieur des TGV ;

– 30 à 50 % des bagages transportés en cabine soumis à la fouille (transports aériens) ;

– la restriction ou l’interdiction de vastes portions de l’espace aérien ;

– la surveillance renforcée des sites industriels jugés sensibles ;

– la constitution de stocks d’eau potable ;

– la mise sous haute surveillance de la pollution de l’air, notamment dans le métro.

Selon le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), il est indispensable de « prendre les mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré d’un ou plusieurs attentats graves, comprenant certaines mesures de protection des institutions, et [de] mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, en acceptant les contraintes imposées à l’activité sociale et économique ».

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du ministère de la Défense.

Cécile David