ISS : une mission d’un an pour se préparer à un voyage sur Mars

L'Américain Scott Kelly et le Russe Mikhail Kornienko vont passer un an à bord de la Station spatiale internationale (ISS). L'objectif de cette mission est d'évaluer les effets sur l'Homme d'un voyage à destination de Mars.

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Les séjours prolongés dans l'espace, comme l'impliquerait un voyager vers Mars, peuvent perturber le système immunitaire. ©ShutterStock

L’Homme parviendra-t-il un jour à fouler le sol de la planète rouge ? Difficile à dire pour l’instant. Pour en savoir plus sur la faisabilité de ce projet, les astronautes Scott Kelly (États-Unis) et Mikhail Kornienko (Russie) vont passer une année au sein de la Station spatiale internationale (ISS). Par cette expérience, les scientifiques espèrent identifier les effets physiologiques et psychologiques que pourrait avoir sur l’organisme un long séjour dans l’espace afin de mieux se préparer à un éventuel voyage sur Mars.

Objectif Mars : Scott Kelly redoute les effets sur le système immunitaire

Les deux hommes devraient rejoindre l’ISS par l’intermédiaire d’un vaisseau russe Soyouz le 27 mars et revenir sur Terre en mars 2016. Ce sera la plus longue période passée sans interruption dans la station spatiale depuis l’arrivée en son sein du premier cosmonaute au cours de l’année 2000. Mais le plus long séjour en orbite remonte à vingt ans. Entre 1994 et 1995, le Russe Valeri Poliakov a vécu pendant quatorze mois à bord de la station Mir.

« J’espère que ce ne sera pas trop dur et que nous pourrons continuer à vivre et à travailler dans l’espace pendant des périodes plus longues, commente Scott Kelly (AFP). Mais nous ne le saurons pas avant la fin de cette expérience. » Le scientifique redoute notamment les effets de l’apesanteur sur la vision. Il craint également la microgravité et les radiations, qui peuvent affaiblir le système immunitaire en cas de séjour prolongé.

L’astronaute américain n’a pas été choisi au hasard. Lorsqu’il sera au-dessus de nos têtes, son frère jumeau, Mark – qui a déjà réalisé plusieurs missions dans l’ISS – sera lui aussi sollicité. Le cosmonaute retraité sera régulièrement soumis à différents examens médicaux pour que les médecins comparent ses résultats à ceux de son cadet.

Un an à bord de l’ISS : une épreuve physique et mentale

L’Agence spatiale russe a mis à disposition l’ensemble des informations récoltées lorsque des humains se sont retrouvés pendant plusieurs mois dans Mir. Ces données permettront de compléter les découvertes réalisées depuis sur le sujet, comme le fait que « des exercices physiques intensifs durant les séjours orbitaux [seraient] efficaces pour protéger les os des astronautes », indique Julie Robinson, l’une des responsables scientifiques du programme (AFP).

Au-delà de l’épreuve physique, les deux confrères devront aussi faire preuve d’une grande force psychique. « Être loin de la Terre et vivre dans un espace confiné avec peu de gens à qui parler sera, selon moi, le plus dur pour eux », pense l’astronaute Gennady Padalka, qui sera le commandant de l’ISS pendant les six premiers mois de la mission.

Un Américain et un Russe réunis au-delà des mésententes politiques

Quant aux tensions qui affectent les relations entre les États-Unis et la Russie, Scott Kelly et Mikhail Kornienko assurent qu’elles n’auront aucun impact sur leur collaboration. « Nous devons compter les uns sur les autres. Nos vies en dépendent, a déclaré en décembre le premier au cours d’une conférence de presse organisée à Paris. Nous n’abordons pas les questions politiques entre nos deux pays. » Son collègue a immédiatement acquiescé : « Il n’y a aucune frontière dans l’espace ».

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Cécile David