Japon : un robot écrivain a presque gagné un prix littéraire

Au Japon, un roman co-écrit par un robot a failli remporter le prix du jury d’un grand concours littéraire. Une avancée étonnante pour l’intelligence artificielle.

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Un robot écrivain ©ShutterStock

Et si le métier d’écrivain était amené à disparaître ? Et si, dans quelques années, nos romans étaient écrits par des robots ? C’est la question que pose cette expérience insolite. Sur les 1450 candidats inscrits au Hoshi Shinichi Literary Award (concours littéraire), 11 étaient en fait des intelligences artificielles, c’est-à-dire des robots. Parmi ces 11 écrivains virtuels, l’un d’eux est arrivé en final.

La robotique à la conquête de la littérature

Les scientifiques, dirigés par le Pr Hitoshi Matsubara, spécialiste de l’intelligence artificielle, se sont attaqués à un nouveau défi révolutionnaire pour la robotique. C’est en effet la première fois qu’une intelligence artificielle est programmée dans le but d’égaler (voir de surpasser) l’homme dans une activité artistique telle que la littérature. Pour y parvenir, l’équipe de chercheurs a créé un algorithme complexe. Celui-ci est constitué de mots et de phrases tirés d’un roman, dont le robot s’inspire afin d’écrire comme un véritable auteur.

Les limites de l’intelligence artificielle

Le jury, qui n’était pas au courant de la participation de ces écrivains virtuels au concours, a reconnu que le roman était bien écrit : « C’est très surprenant ! La nouvelle était parfaitement structurée, sans aucune faute, une bonne fluidité, mais il y a quelques problèmes, notamment la description du personnage », a confié l’un des membres du jury au journal The Japan News Satoshi Hase. En effet, l’intelligence artificielle (IA) n’est pas encore capable de faire preuve d’ironie, d’humour ou encore d’émotion. Toutes ces choses sont pour le moment trop complexes à retranscrire dans une formule mathématique.

Toutefois, le développeur de cet écrivain virtuel souhaite aller plus loin. Ce dernier rêve d’un robot capable de surpasser le talent et la créativité humaine : « Jusque-là, les intelligences artificielles ont été habituées à résoudre des problèmes qui ont des solutions, comme le Go*. À l’avenir, je voudrais amplifier le potentiel des IA afin de les approcher le plus possible de la créativité humaine. »

Un projet à la fois fascinant et inquiétant. Mais pour le moment, on peut se rassurer : ce n’est pas demain que les robots égaleront les hommes en matière de littérature.

* Le GO est un jeu de stratégie japonais qui consiste à former des territoires en posant des pions, ou pierres, sur un plateau.

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Laura Bonnet