Jeux vidéo : ado accro, parents coupables ?

Encore une étude sur les jeux vidéo. Cette fois-ci ce ne sont pas les contenus qui sont incriminés mais bien les pratiques. Un ado sur huit aurait un usage « problématique » des jeux vidéo.

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La pratique excessive étant souvent plus présente chez des adolescents qui ne peuvent pas parler facilement à leurs parents ©ShutterStock

La consommation de jeux vidéo de votre enfant est-elle problématique ? L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié mercredi 17 décembre une enquête selon laquelle un adolescent sur huit aurait un usage « problématique » du jeu vidéo. Cette enquête a été menée auprès de 2 000 élèves franciliens dans le cadre d’une étude des liens et de l’impact des écrans sur l’adolescent scolarisé.

Les parents se doivent d’être attentifs et actifs

Après quelques questions, « Avez-vous joué à un jeu vidéo pour oublier la vraie vie ? Vous êtes-vous senti(e) mal lorsque vous étiez incapable de jouer ? », et leur équivalent en termes « médicaux » pour désigner les pratiques jugées problématiques et leurs possibles effets sur la santé (« usage excessif », « usage abusif », « addiction ») ; l’OFDT relève que sur 1 693 joueurs, 234 répondent au moins à quatre critères d’addiction aux jeux vidéo. « Il s’agit ici d’un ordre de grandeur de ce phénomène et non d’un chiffre représentatif des adolescents au niveau national », tempère François Beck, directeur de l’OFDT.

Rassurant ? Pas totalement. Car, si pour une fois les contenus des jeux vidéo ne sont pas incriminés, ce sont ici les parents qui sont pointés du doigt. « La pratique de jeu vidéo est souvent liée à un défaut de surveillance et de sollicitude parentale », note l’enquête. La pratique excessive étant souvent plus présente chez des adolescents « qui ne peuvent pas parler facilement à leurs parents, ni trouver du réconfort auprès d’eux ».

Il ne faut pas diaboliser les jeux vidéo

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies souligne également qu’il existe des facteurs aggravants : les adolescents en situation de mal-être ou de « dépressivité », ceux qui ont déjà redoublé ou qui ont des parents eux-mêmes souvent connectés, sont plus susceptibles de tomber dans la dépendance au jeu. Si cette étude semble dresser un constat plutôt sombre de la consommation des jeux vidéo par les adolescents, il reste important et primordial d’éviter de « pathologiser la pratique du jeu vidéo, qui ne constitue pas en soi un comportement problématique à l’adolescence ». Il ne faut pas diaboliser.

Un adolescent qui joue deux heures par jour n’a rien d’un comportement excessif, bien au contraire. 85 % des jeunes (collégiens et lycéens) en font de même au moins une fois par semaine. L’OFDT tient ici à rappeler que les usages des écrans en tout genre (tablette, TV, ordinateur et smartphone) ont changé, et que face à ces objets qui ont envahi le quotidien, il faut établir des règles (durée limitée, contrôle parental, etc.), qui seules peuvent agir comme facteur de protection.

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Laurie Ferrère