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Justice

Au 5ème siècle avant JC, Héraclie définit la justice en affirmant « S’il n’y avait pas d’injustice, on ignorerait jusqu’au nom de la justice ». La justice serait donc le moyen de lutter contre le chaos social.

Si la justice est née de la volonté des hommes pour combattre les inégalités et instaurer des règles de vie communes, elle est malheureusement indissociable de l’erreur judiciaire.

La justice, instrument de l’histoire de France

Les grandes affaires criminelles et les procès de personnages politiques façonnent et parsèment la vie juridique française. Le premier grand procès criminel de l’histoire de France reste l’affaire Calas et la condamnation à mort de Jean Calas en 1762. Ce dernier a été condamné pour le meurtre de son fils en l’absence totale de preuve et surtout pour satisfaire l’opinion publique. Voltaire demandera une révision du procès en 1765 et obtiendra la réhabilitation de la mémoire de Jean Calas. A partir de cette affaire les intellectuels ne cesseront de s’immiscer dans la vie juridique afin de faire respecter l’équité et la justice. Les procès prennent alors une dimension politique notamment avec le procès de Louis XVI ou de Robespierre.

La naissance de l’erreur judiciaire

Au même titre que l’affaire Calas, le procès Dreyfus va marquer une étape importante dans l’histoire de la justice française. L’importante médiatisation de la condamnation d’Alfred Dreyfus et la parution de l’article J’accuse d’Emile Zola va conduire à un véritable débat public. La France se divise en deux camps les dreyfusards et les anti-dreyfusards. Condamné une première fois en 1894, la Cour de cassation casse la décision mais Dreyfus est de nouveau condamné. Après avoir obtenu la grâce présidentielle, il ne sera définitivement réhabilité qu’en 1906. Ce procès marque la naissance de la notion d’erreur judiciaire.

La médiatisation des procès

La médiatisation des procès est à double tranchant : elle conduit à une véritable prise à partie de l’opinion publique mais qui peut, de fait, influencer les enquêtes policières. Gilles Perrault avait entrepris de dénoncer l’enquête policière en 1978 concernant Christian Ranucci dans son livre Le Pull-over rouge, mais a en retourd été condamné pour diffamation. Valéry Giscard d’Estaing, président de la République à cette période, reste convaincu de la culpabilité de Christian Ranucci et affirme ne pas regretter de ne pas lui avoir accordé la grâce présidentielle. Plus récemment, l’affaire d’Outreau a pu être qualifiée d’erreur judiciaire. Pourtant ce n’est pas tout à fait exact car toutes les personnes accusées à tort ont été acquittées soit en première instance soit par la Cour d’appel.

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