Kit mains libres au volant : Manuel Valls pourrait l’interdire

Dans le cadre de la lutte contre les accidents de la route, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls réfléchit actuellement à une possible interdiction du kit mains libres au volant.

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Téléphoner en conduisant augmenterait le risque d'accident par trois, et ce, même si l'appel est passé avec utilisation d'un kit mains libres. ©ThinkStock

En 2011, près de 4 000 personnes (3 933) sont décédées des suites d’un accident de la route. Manuel Vall, ministre de l’Intérieur, espère diviser ce chiffre par deux d’ici 2020. C’est dans ce contexte qu’il a demandé au Conseil national de la sécurité routière (CNRS) – inactif depuis 2008 – de se pencher sur les moyens de réduire le nombre de tués sur la route. Parmi les solutions envisagées : l’interdiction du kit mains libres.

Kit mains libres : aussi dangereux qu’une utilisation classique du portable

Depuis 2009, prendre son téléphone à la main au volant est sanctionnée par une amende de 135 euros et un retrait de 3 points de permis. Selon la Ligue contre la violence routière, le portable entraînerait un accident sur 10 en moyenne. Téléphoner en conduisant augmenterait le risque d’accident par trois, et ce, même si l’appel est passé avec utilisation d’un kit mains libres. Les accidents mortels concerneraient davantage les jeunes conducteurs, de plus en plus nombreux à utiliser leur portable en conduisant.

Lire aussi : sécurité routière, haro sur le téléphone portable ?

Interrogé par Le Point, le président du CNSR, Armand Jung, perçoit le kit mains libres comme un objet « dangereux ». Selon lui, il serait plus raisonnable de mettre au point des téléphones intégrés aux voitures. Un procédé déjà envisagé par certains constructeurs automobiles, comme Peugeot et Renault qui ont mis au point des véhicules avec micros et hauts-parleurs.

Kit mains libres : une interdiction utopique ?

L’association 40 millions d’automobilistes pense qu’il est utopique de croire qu’une interdiction dissuaderait les automobilistes à utiliser leur kit puisque l’utilisation du téléphone au volant est devenue une habitude pour la majeure partie des conducteurs. Ils étaient 78 % en 2011 à déclarer utiliser leur téléphone en conduisant (sondage pour les associations Prévention routière et Assureurs prévention). L’association propose plutôt d’encadrer cet usage du portable au volant en mettant au point un système intégré au véhicule, qui empêcherait les conducteurs de manipuler manuellement leur mobile.

Cécile David