La baisse des prix, une mauvaise nouvelle ?

L’Insee annonce une croissance nulle et une baisse des prix de la consommation de 0,3 % au mois de juillet. Loin d’être une bonne nouvelle, ces chiffres cachent en fait une situation économique instable pour la France.

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La baisse des prix à un impact direct sur la psychologie du consommateur qui se dit qu'il y a aura à nouveau une baisse des prix, qu'il préfère attendre pour ses achats. ©ShutterStock

Le rendez-vous tant redouté par le gouvernement est arrivé à échéance : l’Insee a rendu son rapport sur la situation économique de la France, et il n’y a pas de quoi se réjouir.

Après avoir annoncé mercredi 13 août une baisse des prix de la consommation de 0,3 % au mois de juillet, l’Institut National de la Statistique informe ce jeudi 14 août que la croissance française reste nulle au deuxième trimestre 2014. Si en règle générale, une baisse des prix réjouit le consommateur, elle est la bête noire du gouvernement. Et vient confirmer les craintes de la déflation en Europe.

Qu’est-ce qu’une déflation ?

Car, depuis quelques jours, c’est bien ce mot revient qui en boucle : « la déflation ». La déflation est en économie, une baisse des prix sur une longue période – plusieurs trimestres –, combinée à une croissance nulle et à une inflation faible.

Cas pratique : la France connait une baisse des prix de 0,3 % en juillet, sa croissance est nulle et certains prix ont augmenté (tabac + 0,5 %). Pour autant, on ne peut parler de déflation, car cette situation est pour l’instant ponctuelle. Mais si elle devait rester identique sur le long terme, il s’agit là d’un scénario dangereux pour l’État qui aura bien du mal à réduire ses déficits.

Consommateur et entreprises dans le même bateau

Le risque, c’est que la déflation est en soi un véritable cercle vicieux. La baisse des prix à un impact direct sur la psychologie du consommateur qui se dit qu’il y a aura à nouveau une baisse des prix, qu’il préfère attendre pour ses achats.

De son côté, l’entreprise voit ses stocks s’accumuler, ses marges se réduire, et elle est contrainte à nouveau de diminuer ses investissements, voire de baisser les salaires. Ces deux phénomènes sont liés, et provoquent une baisse de la consommation.

Si la situation n’est pas « irréversible », elle reste tout de même préoccupante. D’autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Espagne et Le Portugal se trouvent dans le même contexte « économique » que la France, à savoir « au bord de la déflation », et la fin de l’année s’avère être plus « difficile que prévu ».

Laurie Ferrère