La Fondation Abbé Pierre recense 4 millions de mal logés en France

Dans son 17ème rapport annuel, la Fondation Abbé Pierre recense 3,6 millions de personnes mal logées ou sans abri en France, et 5,1 millions « en situation de réelle fragilité de logement ». Elle espère que l’élection présidentielle améliorera la situation.

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La Fondation Abbé Pierre recense 4 millions de mal logés ou sans abri en France ©ThinkStock

La Fondation Abbé Pierre a rendu public son 17ème rapport annuel. Elle estime à 3,6 millions le nombre de personnes mal logées ou sans abri en France. Elle recense notamment environ 685 000 personnes « privées de domicile personnel » (sans domicile, en résidence sociale, dans des chambres d’hôtel, chez des tiers ou dans des « habitations de fortune »), 2,7 millions vivant dans des conditions de logement « très difficiles » (pas de confort ou surpeuplés) et 86 000 gens du voyage ne pouvant accéder à une aide d’accueil.

5,1 millions « en situation de réelle fragilité de logement »

A ces 3,6 millions de mal logés, la Fondation ajoute 5,1 millions de personnes « en situation de réelle fragilité de logement » : dans des copropriétés difficiles, en logement surpeuplé ou face à des impayés. Les personnes concernées par la crise du logement seraient donc près de 9 millions au total. Cette évaluation ne prend pas en compte les 1,2 millions de ménages en attente d’un logement social selon les chiffres de 2006 ni ceux menacés d’expulsion qui étaient 92 000 d’après les chiffres de 2010. Au final, la crise du logement pourrait même affecter environ 10 millions de Français.

Dans le même temps, l’Insee évalue quant à elle à 2,9 millions le nombre de mal logés ou sans abri, dont 2,77 millions de personnes vivant dans des logements privés de confort ou surpeuplés. La Fondation Abbé Pierre explique leur différence dans le fait que l’Insee inclut les personnes de 17 à 59 ans résidant chez des tiers avec lesquels elles n’ont pas de lien de parenté « direct ».

2,9 ou 3,6 millions de mal logés ou sans abri, quoiqu’il en soit les chiffres sonnent comme un cri d’alerte en cette année d’élection présidentielle. La Fondation espère des engagements forts de la part des candidats et que ces derniers osent mettre « un carton rouge au mal logement » comme Eric Cantona.

Adrien Guiset