La Grèce vote non : et après ?

Ils étaient 10 millions de Grecs appelés aux urnes dimanche 5 juillet. Et ils ont voté « Non » à 61,31 % au plan d’accord de l’Europe. Quelles seront les conséquences de ce référendum ?

0
1045
Cela dépendra donc des nouvelles négociations avec les créanciers. ©ShutterStock

C’était la principale actualité du week-end. Dix millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dimanche 5 juillet, en Grèce, pour voter « Oxi » ou « Nai » – oui ou non – à la question : « Faut-il accepter le plan d’accord soumis par la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI de l’Eurogroupe du 25 juin ? ».

Le non l’a emporté avec 61,31 % des voix. Un résultat que l’on peut qualifier de « large victoire », quand les sondages estimaient des votes serrés et que c’est l’optimisme ambiant d’un « Oui » qui régnait dans le reste de l’Europe.

Démission et réunions en tout genre

La Grèce, à l’économie ruinée, doit 321 milliards d’euros à ses créanciers, ce qui représente 177 % de son PIB pour ce pays qui cumule 25 % de taux de chômage. Quelles sont donc les conséquences de ce référendum ? Quel avenir pour la Grèce ?

La première conséquence (politique) : la démission du ministre des Finances, Yanis Varoufakis annoncée ce lundi 6 juillet. Avant d’établir les possibilités qui s’offrent à la Grèce, plusieurs réunions sont attendues en Europe, notamment une réunion entre Angela Merkel et François Hollande avant un sommet de la Zone Euro prévu pour mardi et un conseil de la BCE.

Car dans tous les scénarios possibles à la suite du « Non » au référendum, c’est bien la Banque Centrale Européenne qui risque de changer la donne. La BCE doit notamment examiner une demande de la Grèce, envoyée dimanche soir, qui souhaite remonter le plafond des aides d’urgences accordées à Athènes. Mais la BCE pourrait également arrêter l’alimentation en liquidités des établissements bancaires grecs.

L’avenir de la Grèce dans les mains de la BCE ?

Cela dépendra donc des nouvelles négociations avec les créanciers. Malgré la victoire du « non », les négociations ne se sont pas rompues. Le gouvernement d’Alexis Tsipras, peut entamer de nouvelles discussions. « La question de la dette sera désormais sur la table des négociations », s’est félicité le Premier ministre, lors d’une allocution télévisée. Sa position semble davantage évoluer vers la modération – il pourrait négocier un troisième plan d’aide plus favorable à la Grèce en faisant des concessions – que vers la rupture et la sortie de la Grèce de la zone euro.

Faute d’accord possible, la question de la fin de la Grèce dans la zone Euro pourrait se poser. La BCE arrêterait alors de perfuser le pays, qui se déclarerait en faillite, comme l’Argentine. Mais c’est ici un scénario totalement inconnu, puisque jamais arrivé depuis la création de la monnaie unique.

Lire aussi : Et si les banques faisaient faillite ?
Lire aussi : Eurobonds, euro-obligations… ça veut dire quoi?

Laurie Ferrère