La plupart des vins, même bios, contiennent des pesticides

60 millions de consommateurs s’est penché sur la viticulture, secteur agricole qui consomme le plus de pesticides en France. Leur enquête démontre la présence de traces de polluants, même dans le vin biologique.

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La plupart des vins, même bios, contiennent des pesticides ©ThinkStock

Actuellement, aucune limite maximale de résidus dans le vin n’est appliquée, à part pour le raisin de cuve. Il paraîtrait pourtant logique d’en imposer une, lorsqu’on sait que la viticulture est le secteur qui consomme le plus de pesticides en France, soit 20 % de la quantité totale du pays.

Le magazine 60 millions de consommateurs s’est donc posé la question de l’impact de ces résidus sur la consommation de vin, qui est, on le sait, assez importante en France. La personne qui va acheter une bouteille va logiquement avoir des critères de sélection comme le goût ou la présentation. Mais de plus en plus, la « propreté » du vin est prise en compte par les consommateurs. Peut-on alors se fier aux étiquetages et certifications ?

13 des 29 substances recherchées présentes dans un vin bio

Les experts ont décidé de tester 52 vins différents, rouges et blancs, conventionnels et biologiques, de France et d’ailleurs. Pour chacun d’entre eux, les scientifiques ont cherché la présence de 29 substances actives, dont les deux tiers servent à combattre les champignons qui peuvent se former sur le raisin.

Les résultats révélés par le magazine sont pour le moins étonnants. Tous les vins semblent contenir des traces de pesticides à faible dose, même ceux certifiés biologiques. Sur les onze vins certifiés, seulement deux ne présentaient aucune trace de pesticides. A l’opposé, un contenait 13 des 29 polluants recherchés !

Les chercheurs avancent que la contamination des vins censés être biologiques s’explique par le fait que les parcelles de vignes conventionnelles soient souvent proches de celles qui n’utilisent aucun pesticide. Et comme chacun sait, ces produits ne restent pas bien sagement dans leur coin, mais volent et se déplacent sur des kilomètres à la ronde.

Si la faible quantité de polluants ne permet pas de remettre en cause la certification biologique, les consommateurs ont cependant le droit d’exiger que l’étiquette colle à la réalité, ce qui n’est pas tout à fait le cas.

Mathilde Bourge