La sueur masculine rend les hommes coopératifs

L'androstadiénone, une phéromone présente dans la transpiration masculine, rendrait les hommes plus coopératifs.Cette étude est, évidemment, à prendre avec des pincettes.

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2014
La sueur masculine rendrait les hommes plus coopératifs ©ThinkStock

La sueur masculine rendrait les hommes plus coopératifs. C’est en tout cas ce qu’affirme une étude publiée dans Plos One.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’Université de Turku (Finlande) se sont penchés sur les effets de l’androstadiénone sur les hommes. On sait déjà que cette phéromone, présente dans la transpiration masculine, fait beaucoup d’effet sur les femmes et agirait même comme un aphrodisiaque. Mais c’est la première fois que des scientifiques s’intéressent à son « pouvoir » sur ces messieurs.

Les chercheurs ont donc analysé le comportement de quarante volontaires, âgés de 26 ans en moyenne, lors d’un « jeu ». Chaque personne disposait de 10 euros et devait remettre une partie de cette somme à un autre joueur. Ce dernier pouvait refuser l’argent s’il considérait que le partage était insuffisant.

Les hommes plus généreux grâce à l’androstadiénone

Après un premier tour, les quarante cobayes ont été divisés en deux groupes. Le premier devait respirer de l’air dans des bocaux contenant de l’androstadiénone, quand les récipients des seconds n’en avaient pas. Après cela, les hommes ayant respiré la phéromone ont proposé, en moyenne, 50 centimes de plus que le second groupe, mais ont également accepté de recevoir 50 centimes de moins. « À notre connaissance, c’est la première étude à montrer que l’androstadiénone agit directement sur le comportement des hommes », indiquent Paavo Huoviala et Markus Rantala, deux des auteurs de l’étude. « Une des raisons qui font que l’androstadiénone augmente la coopération entre hommes serait due à l’histoire de l’évolution de notre espèce. La coopération, plutôt que l’agression, avec les individus de même sexe aurait conféré un avantage de survie. »

Si les chercheurs se réjouissent de ces premiers résultats, d’autres scientifiques soulignent les conditions spécifiques de l’expérience. Dans les bocaux remplis d’androstadiénone, la concentration de phéromones était très importante, beaucoup plus que dans une transpiration « réelle ». « Nous ne savons pas si nous pouvons observer un effet similaire en utilisant des concentrations plus réalistes, signale Jan Havlicek, de l’Université Charles de Pague, au magazine Science. Le pouvoir des phéromones dépend aussi du contexte. Il serait donc intéressant de voir si la production d’androstadiénone est stimulée par une vraie compétition, comme un match sportif. »

Maxime Quéma