L’Académie de médecine met en garde contre les médecines alternatives

L'Académie de médecine tient à signaler les éventuels dangers des médecines alternatives. Acupuncture, ostéopathie, chiropraxie, hypnose et Tai Chi sont les principaux concernés par ce rapport.

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©ThinkStock

Il y a peu, l’AP-HP a pris l’initiative d’introduire quatre « thérapies complémentaires » à l’hôpital : l’acupuncture, la médecine manuelle (ostéopathie et chiropraxie », l’hypnose et le tai-chi.

Début mars, l’Académie de Médecine a publié un rapport, en réponse à cette décision : « La reconnaissance des médecines complémentaires par l’AP-HP, qui les fait figurer officiellement dans son plan stratégique des 4 prochaines années, a fortement étonné les académiciens pour qui la pratique de la médecine en France doit reposer sur des faits établis selon des méthodes scientifiques. »

Cet avis fait échos aux nombreuses prises de positions qui, depuis quelques mois, mettent en garde contre les dérives, voire les dangers de ces pratiques. Néanmoins, le rapport de l’Académie de Médecine, publié le 5 mars, ne concerne pas toutes les médecines alternatives. « Les thérapies complémentaires constituent une nébuleuse de pratiques aussi diverses que mal identifiées (l’OMS en a dénombré plus de 400), dans la grande majorité des cas sans aucun substrat scientifique », expliquent les médecins. L’académie s’est donc uniquement penchée sur les quatre thérapies complémentaires introduites par l’AP-HP dans les hôpitaux.

L’acupuncture

Concernant l’acupuncture, l’académie est mitigée. Elle admet que cette médecine alternative peut soulager les patients souffrant de lombalgie ou de cervicalgie chronique, de migraine ou céphalée de tension, d’arthrose des membres inférieurs, d’épicondylite, aux femmes enceintes éprouvant des douleurs des lombes ou du bassin et lors des douleurs de l’accouchement, et pour prévenir les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie anticancéreuse.

Cependant, l’Académie de médecine estime que si ses effets bénéfiques peuvent se révéler pour d’autres maux, ils ne sont toutefois pas avérés.

Ostéopathie et chiropraxie

Même constat pour les médecines manuelles. Selon le rapport, les manipulations rachidiennes peuvent se montrer modérément efficaces sur la lombalgie aiguë, subaiguë ou chronique, sur la cervicalgie aiguë, subaiguë ou chronique, sur la céphalée d’origine cervicale, les états vertigineux d’origine cervicale, et à un moindre degré sur la migraine.

L’Académie de médecine souhaite surtout mettre en garde contre les possibles complications des manipulations cervicales qui sont rares, mais graves.

Hypnose

Aujourd’hui, l’Académie de médecine ne reconnaît l’efficacité de l’hypnose qu’en cas de douleur liée aux gestes invasifs chez l’enfant et l’adolescent et les effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses. Pour le reste, l’académie attend des résultats plus concluants.

Tai chi et Qigong

L’Académie de médecine est en revanche plus sceptique quant à l’efficacité du Tai Chi et du Qigong, associant l’engouement excessif des patients pour cette médecine à un « effet de mode », plus qu’à une réelle efficacité.

Les médecins recommandent donc aux patients de ne jamais choisir cette méthode comme une solution de premier recours, ni comme une solution de remplacement. Le Tai Chi et le Qigong, selon l’académie, doivent rester à leur place de thérapie complémentaire.

Mathilde Bourge