L’assurance au kilomètre, un bon plan ?

Assurer sa voiture représente un coût relativement important dans le budget. Il existe plusieurs types de contrats, dont certains dépendent du nombre de kilomètres parcourus. On fait le point sur ce type d’assurance.

0
2268
L’assurance au kilomètre, un bon plan ? ©ShutterStock

Afin de coller au plus près à la consommation réelle de nombreux assurés, presque tous les assureurs se sont mis à proposer des offres « petits rouleurs ». Ces contrats ciblent les automobilistes qui parcourent de tout petits trajets quotidiens, ceux qui roulent peu souvent, les ménages qui possèdent une seconde voiture qu’ils utilisent peu, les urbains et les retraités qui roulent moins qu’avant. Elles intéresseront aussi les jeunes conducteurs qui, effarés par le montant exorbitant de leur première assurance, souhaitent réduire la facture, le temps que leur malus diminue.

Si l’on en croit les brochures des assureurs, ces assurances au kilomètre sont 10 % à 30 % moins chères ; l’un d’entre eux annonce même 40% de rabais. Malgré ces prix bas,
 ces contrats comprennent très souvent les mêmes garanties et assistances que les offres classiques. Dans un contexte commercial très concurrentiel, de nombreuses agences utilisent ces assurances au kilomètre pour être plus compétitives, et conquérir de nouveaux clients intéressants pour un assureur, car les petits rouleurs ont moins d’accidents que les autres. L’assurance au kilomètre permet aussi à une agence d’éviter les départs d’anciens clients alléchés par les offres des assureurs en ligne ou des bancassurreurs. Ces assurances au kilomètre sont-elles susceptibles de vous faire payer moins cher ?

Choisissez un forfait kilométrique

Chez plusieurs assureurs, on commence par choisir
un forfait kilométrique annuel. Les assureurs proposent rarement plus de deux forfaits, mais chacun d’eux ayant une notion différente de ce qu’est un petit rouleur, on pourra affiner son forfait à 1 000 kilomètres près en consultant plusieurs offres : 4 000 km, 5 000 km, 8 000 km, ce sera au choix !

Pour choisir le bon contrat, il faut étudier les kilométrages de sa voiture pour les années précédentes. On pourra aussi se laisser guider par l’agent d’assurance qui, pour savoir si vous entrez dans sa catégorie petit rouleur, demandera si vous allez au travail en voiture, si vous partez en vacances ou combien de vidanges vous avez faites. D’autres compagnies d’assurance n’ont pas créé d’offres et se sont contentées d’ajouter un « avantage petit rouleur » à demander au moment de la souscription du contrat. On déclare par exemple parcourir moins de 5000 km par an et on obtient une réduction de 10 à 15% sur le tarif habituel.

Les kilomètres non utilisés

Vous avez souscrit à un contrat d’assurance au kilomètre mais à la fin de l’année, vous constatez que vous avez roulé plusieurs milliers de kilomètres de moins que prévu. Avec quelques compagnies, le report sur l’année suivante est possible. Notez que ce geste commercial est avant tout une excellente façon de vous fidéliser. Il sera aussi parfois possible d’opter pour un remboursement des kilomètres non utilisés. N’imaginez pas que ce soit au prorata du coût annuel. À 6 euros les 1 000 km non utilisés, 4 000 km non parcourus permettront de récupérer 24 euros, à comparer aux plus de 300 euros payés pour l’assurance. Ce remboursement est donc un argument commercial pour vous convaincre de signer et en aucun cas une bonne raison de privilégier un assureur plutôt qu’un autre.

Les dépassements de kilomètres

Pour les kilomètres parcourus pendant l’année, beaucoup d’assureurs se basent sur du déclaratif. Une fois le nombre de kilomètres dépassé, quelques assureurs proposent de racheter un pack de 1 000 km ou 2 000 km supplémentaires pour pouvoir finir l’année. Cependant, le plus souvent, il faudra se signaler par téléphone à l’assureur qui vous fera passer sur une assurance classique en vous facturant la différence. Ce saut peut représenter une somme importante même si l’on n’a parcouru que deux ou trois mille kilomètres de plus que prévu. L’assuré qui n’aura pas signalé ce dépassement pourra perdre une partie de son indemnité en cas de sinistre ou voir sa franchise grimper en flèche.

Pay as you drive, kesako !

Un autre type de contrat d’assurance ne fonctionne pas sur le principe du forfait kilométrique annuel. C’est le pay as you drive. Cette formulation américaine, qui a déjà séduit 2,5% des conducteurs italiens, fonctionne avec un petit boîtier facile à installer et discret. À la fin du mois, il transmet automatiquement à l’assureur le nombre de kilomètres parcourus. On reçoit sa facture mensuelle quelques jours plus tard.

Avec le pay as you drive, en plus d’un forfait mensuel incompressible d’une quinzaine d’euros, on paye son assurance au kilomètre près, le tout en connaissant dès le départ le prix au kilomètre. C’est probablement une solution d’avenir puisqu’on peut penser que des boîtiers connectés évalueront un jour le comportement de l’assuré en analysant sa vitesse, ses coups de frein, ses accélérations, son kilométrage et les heures auxquelles il conduit pour déterminer son tarif ou récompenser financièrement ses bons comportements.

Faut-il souscrire ?

Si vous souhaitez rester fidèle à votre assureur et que vous parcourez moins de 8 000km par an, ces forfaits kilométriques sont un excellent moyen de réduire la note. Mais on gagne en général peu à être fidèle à son assureur. Comparer l’ensemble des offres d’assurances au kilomètre disponibles en s’aidant des comparateurs sur le Net fera baisser le prix de façon plus significative. Il ne faut surtout pas limiter ses recherches aux assurances au kilomètre, car dans de nombreux cas, on dénichera des contrats illimités d’assureurs en ligne vendus moins chers que le contrat au kilomètre d’un assureur connu.

Lire aussi :

Assurances obsèques : comment ça marche ?

– Assurances : résiliez sans contraintes

Florent Gaillard