Le café arabica, menacé par le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique pourrait bouleverser la production mondiale de café, et en particulier de l'arabica, prédisent des scientifiques.

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La température idéale pour les plants de café : entre 19 et 25°C ©Fotolia

Serait-on en train de déguster nos dernières tasses de café arabica ? Oui, si la température continue de grimper, affirme une étude scientifique anglo-éthiopienne, publiée le 7 novembre. Les chercheurs ont étudié l’impact du réchauffement climatique sur les graines de caféier d’Arabie, selon trois scénarios possibles : + 2,4 °C, + 2,8 °C et + 3,4 °C, d’ici à 2080. Résultat : dans tous les cas, les plantations sauvages d’Arabica ne survivraient pas ou auraient des rendements médiocres.

Quelle est la température idéale pour les plants de café ?

La culture de café requiert des conditions climatiques spécifiques. Les graines, en particulier celles de l’Arabica, ne poussent correctement que lorsque la température se situe entre 19 et 25 °C. Les cafiérs exposés trop longtemps à de fortes températures (plus de 30 °C) s’abîment : leurs tiges se cassent et les cosses s’assèchent. De même, de fortes précipitations leur sont néfastes.

Les scientifiques s’inquiètent pour l’avenir du café arabica, d’autant que le réchauffement climatique n’est pas le seul facteur menaçant. « Les forêts montagneuses de l’Ethiopie et du Soudan du Sud sont très fragmentées en raison de la déforestation, écrivent les chercheurs. D’autres facteurs susceptibles de s’avérer aggravants, tels que les parasites et les maladies, les changements dans les périodes de floraison, et peut-être une réduction du nombre d’oiseaux (qui dispersent les graines de café), ne sont pas inclus. »

Quel café boirons-nous dans soixante ans ?

Si le réchauffement climatique entraîne effectivement la disparition des plants de café arabica, qui représentent tout de même 60 % du marché mondial, les pays producteurs comme le Brésil ou la Colombie n’auront d’autre choix que de se rabattre sur la culture sous serre ou de se tourner vers des graines moins nobles comme le Robusta.

Thomas Levy