Le fixie : le vélo se réinvente

De Paris à San Francisco, de Berlin à Londres, ils sont partout : les Fixie. Le vélo à pignon fixe est devenu le nouveau mode de déplacement « In », de ces dernières années.

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À côté de ses arguments marketing, le fixie n’en manque pas pour achever de convaincre le quidam. ©ShutterStock

À l’Ouest, rien de nouveau. Avec l’implantation de l’agir « écologiquement », on voit dans les grandes villes, les gens se déplacer de plus en plus souvent en vélo. Pourtant, même si l’on y est habitué, un petit nouveau, monté sur deux roues, fait beaucoup parler de lui : le Fixie.

Alors que le fixie n’a rien de nouveau, sa démocratisation elle, est en plein essor. Le fixie, comme son nom l’indique est un vélo à pignon fixe. C’est-à-dire que comme tous les vélos, il se compose d’un pédalier à l’avant et d’un pignon à l’arrière, sauf que, sur le fixie, le pignon est relié à la roue. Ainsi, pas de freins et une seule vitesse. L’utilisateur est de fait, toujours obligé de pédaler sur un fixie, car les jambes sont constamment entrainées par la roue.

Le fixie : des sensations décuplées

C’est aux États-Unis, au milieu des nineties que le fixie se développe, comme le premier outil de travail des coursiers dans les rues de New-York. Las de se faire voler, ils décident de dépouiller leur vélo, et c’est ainsi que se démocratise le fixie, déchu de freins et de feux. Peu à peu, il envahit les capitales, sur le bitume jusque dans les vitrines des Concept Store et à l’intérieur des revues de mode : le fixie est désormais partout. Le hipster en a fait l’un de ses accessoires fétiche, en plus de la barbe et du pantalon relevé, car il faut le dire, le fixie n’est pas à portée de tous.

Pour autant, s’il se démocratise, il reste quelque peu marginal, car il n’est pas donné à tous les individus de faire du fixie. « Il faut de la vigilance, de l’anticipation et surtout bien se connaître », confie Patrick Seabase, sportif hétéroclite et spécialiste du fixie. Ultra léger, le fixie nécessite un effort permanent puisque même le freinage se fait en pédalant. Les sensations sont plus éprouvées quand l’effort est décuplé.

Fixie en ville : un contre-emploi ?

À côté de ses arguments marketing, le fixie n’en manque pas pour achever de convaincre le quidam : il apporterait un sentiment de liberté inédit. « Je ne me suis jamais senti aussi libre dans de ma vie », explique Pierre Seguin. Cet homme de 38 ans était architecte avant de tout plaquer pour se consacrer à sa passion : le fixie. Car, à l’image des geeks, les fans de fixie, n’achètent pas leur vélo tout fait. Ils vont aux quatre coins de la France pour dénicher des pièces afin de constituer un vélo presque unique répondant à leurs exigences.

Si les premiers prix se situent aux alentours des 250 € le prix d’un fixie peu très vite grimper. Pour beaucoup, de par sa particularité, l’usage du fixie en ville est un parfait exemple de contre-emploi, uniquement motivé par un effet de mode et son indéniable pureté esthétique. Mais face à la recrudescence de la demande, la plupart des vélos sur pignon fixe sont aujourd’hui vendus avec des freins, laissant le libre choix à l’utilisateur de faire avec ou sans.

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Joséphine Terreissa