Le gel hydroalcoolique pour les mains enivrerait les enfants

Composés d’alcool, les gels antibactériens pour les mains seraient à l’origine de nombreux cas d’ébriété chez les enfants. La Revue Prescrire relate un nombre d’« accidents » inquiétant.

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Vous le pensiez inoffensif, et pourtant, le gel antibactérien que vous avez dans votre sac à main peut être à l’origine d’intoxication, en particulier chez les enfants ! La Revue Prescrire dévoile un constat étonnant : en 2009, « 248 cas d’exposition aux produits hydroalcooliques pour les mains [ont] entraîné des symptômes ». Et quels symptômes ! La moitié des personnes concernées sont âgées de moins de 15 ans et ont déjà connu l’ivresse.

Comme leur nom l’indique, les gels hydroalcooliques, qui sont donc normalement utilisés pour se laver les mains lorsqu’il n’y a ni eau ni savon à disposition, contiennent jusqu’à 65 % d’éthanol, autrement dit, d’alcool…

Des cas d’enfants « saoulés » au gel hydroalcoolique

Dans les cas décrits par les chercheurs, l’état d’ivresse n’est pas le but recherché initialement. Rien à voir, donc, avec certaines tendances qui poussent les ados à sniffer de la colle ou de l’essence. La preuve en est que 47 % des « victimes » sont âgées de moins de…4 ans !

La Revue Prescrire relate ainsi quelques situations étonnantes mais pouvant facilement arriver. Le cas d’une fillette de 4 ans a particulièrement inquiété, lorsque celle-ci est arrivée aux urgences avec 2,21 grammes d’alcool par litre de sang ! L’enfant, qui a dû trouver l’odeur du produit attractive, l’a utilisé pour jouer à la dinette et a fini par avaler le flacon entier. Une grosse frayeur donc pour les parents, qui ont heureusement vu les symptômes de leur fille se dissiper au cours de la nuit.

Le gel hydroalcoolique, une fois ingéré, peut provoquer des effets indésirables, comme l’agitation, la somnolence, la confusion ou l’irritation de contact. Le lavage des mains doit s’effectuer en priorité avec de l’eau et du savon et les produits évoqués doivent surtout être tenus à l’écart des enfants.

Mathilde Bourge