Le nombre de décès liés à la grippe H1N1 revu à la hausse

Jusqu'ici, l'OMS estimait à 18 500 le nombres de morts des suites de la grippe H1N1. Ces chiffres ont été récemment revus à la hausse, avec des résultats jusqu'à quinze fois plus élevés que ceux annoncés.

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Virus H1N1 ©ThinkStock

Alors que l’OMS estimait jusqu’à maintenant à 18 500 le nombre de victimes de la grippe H1N1, entre avril 2009 et aout 2010, ces chiffres viennent d’être revus à la hausse…et pas qu’un peu !

Selon une étude, publiée dans The Lancet Infectious Diseases, ce mardi 26 juin, la pandémie grippale de 2009 aurait causé jusqu’à quinze fois plus de décès que les chiffres avancés jusqu’alors, basés uniquement sur des chiffres de laboratoires. Ainsi, l’enquête estime entre 151 700 et 575 400 le nombre de victimes de la grippe A.

« Il s’agit d’une des premières études à fournir des estimations globales du nombre de décès provoqués par la grippe H1N1 et contrairement à d’autres estimations, elle inclut des estimations pour les pays d’Asie du sud-est et d’Afrique où les données sur la mortalité associée aux grippes sont limitées », explique Fatimah Dawood, du centre de contrôle et de prévention des maladies d’Atlanta, cosignataire de l’étude.

H1N1 : Des disparités selon les âges et les pays

L’étude a été menée au sein de douze pays à bas, moyens et hauts revenus et les catégories de population étudiées ont été divisées en trois classe d’âge : les 0-17 ans, les 18-64 ans et les 65 ans et plus.

Ce rapport révèle deux choses sur la grippe H1N1. Premièrement, les jeunes personnes sont plus sensibles à la maladie, puisque 80 % des décès constatés concernent les moins de 65 ans. Deuxièmement, le sud-est de l’Asie et l’Afrique, récemment inclus dans les statistiques, seraient les zones les plus touchées, avec 51 % de la totalité des décès, alors que ces parties de la planète ne regroupent que 38 % de la population mondiale.

« Les résultats montrent qu’il est nécessaire d’améliorer la réponse globale face à de futures pandémies et de développer la production et la fourniture de vaccins anti-grippaux en Afrique et en Asie », concluent les auteurs de l’étude.

H1N1 : Des résultats à prendre avec précaution

D’après le Docteur Cécile Viboud, de l’institut national de la santé du Maryland, « ces résultats devront être affinés lorsque de nouvelles études seront possibles, notamment en Inde et en Chine », car si ces nouvelles estimations sont cohérentes avec celles effectuées dans plusieurs pays, dont le Bengladesh et les Etats-Unis, elles restent en-deçà des estimations du Mexique par exemple.

Pour le rappel, la grippe saisonnière, quant à elle, fait entre 250 000 et 500 000 morts par an.

Mathilde Bourge