Leclerc et Magasin U : l’essence « à prix coûtant » sera-t-elle vraiment intéressante ?

Leclerc et les Magasins U ont annoncé qu’ils vendraient leur essence à prix coûtant durant le mois de septembre pour soulager les automobilistes. Cet effort aura-t-il un réel impact sur notre porte-monnaie ? Éclairage.

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Leclerc : l’essence « à prix coûtant » sera-t-elle vraiment intéressante ? ©Sipa

Une semaine après la décision du gouvernement de baisser les taxes perçues par l’Etat sur la vente des carburants, les distributeurs ont eux aussi choisi de faire un effort. Lundi matin, Michel-Edouard Leclerc, le patron des Centres Leclerc, a déclaré sur RTL que tous les carburants seront vendus au prix coûtant dans les 555 stations-services de l’enseigne, durant le mois de septembre. Une réduction qu’appliqueront également les Magasins U.

Essence à prix coûtant : 2 à 3 centimes en moins par litre

Lorsqu’une enseigne décide de vendre à prix coûtant, cela signifie qu’elle tire un trait sur ses bénéfices. Leclerc et les Magasins U ne se feront pas de marge sur l’essence vendue au mois de septembre, ce qui, par conséquent, fera baisser la note pour les automobilistes. Michel-Edouard Leclerc a indiqué une baisse probable de « 2 ou 3 centimes au litre ».

Essence à prix coûtant : un effort à 20 M€ pour Leclerc

Les Magasins U, qui possèdent un réseau de 750 stations-services, ont annoncé dans un communiqué que la vente des carburants à prix coûtant allait leur coûter « 10 millions d’euros pour le mois de septembre ». Michel-Edouard Leclerc a estimé un coût deux fois plus élevé, soit 20 millions d’euros pour son groupe, ajoutant que cette perte serait compensée par « un regain d’activité sur d’autres produits ».

Essence à prix coûtant : « seulement 2 € de gain par mois » selon l’UFC

Si l’effort des distributeurs, tout comme celui du gouvernement, est reconnu, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir ne le trouve pas totalement satisfaisant. « La participation de la grande distribution et la baisse des taxes de l’Etat ne signifierait qu’un gain de 2 euros par mois pour le consommateur. C’est se moquer du monde », estime Alain Bazot, son président, contacté par Europe 1. Selon lui, les enseignes de supermarchés ne se font quasiment aucun bénéfice sur l’essence. En somme, annoncer des « carburants à prix coûtant » serait un bel effet de pub, mais ne changerait pas grand-chose au final…

Julie Toury