Les adolescents ne voient pas leurs kilos en trop

D’après une récente étude britannique, les adolescents éprouvent des difficultés à évaluer leur poids : la plupart d’entre eux le sous-estiment.

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40 % des adolescents en surpoids ne pensent pas l'être. ©ShutterStock

Les adolescents auraient des difficultés à évaluer leur poids. En effet, des chercheurs de l’organisme Cancer Research UK ont publié les résultats de leur étude dans l’International Journal of Obesity le mardi 7 juillet. D’après eux, 40 % des adolescents en surpoids trouvent que leur corpulence est normale.

Entre 2005 et 2012, les scientifiques ont interrogé 5 000 adolescents britanniques âgés de 13 à 15 ans. En plus d’avoir calculé leur Indice de masse corporel (IMC), ils leur auraient demandé s’ils se percevaient comme gros, mince ou normal.

Les adolescents ne voient pas leur surpoids

L’IMC, outil qui prend en compte le poids et la taille d’une personne pour mesurer sa corpulence, est considéré comme normal s’il est situé entre 18,5 et 25, au-delà les individus sont soient trop lourds soient trop légers. D’après les résultats de l’enquête, 20 % des interrogés étaient en surpoids et 7 % étaient obèses mais près de 40 % d’entre eux sous-estimaient leurs kilos superflus.

Les origines ethniques et la catégorie socio-professionnelle des tuteurs n’influencent pas la perception corporelle des adolescents. En revanche, les filles arrivent à mieux juger leur poids avec l’âge.

Remise en question de l’IMC

Les chercheurs expliquent que ces données sont importantes dans le cadre de la prévention de l’obésité car « les adolescents qui présentent un surplus de poids ou qui souffrent d’obésité auront plus tendance que les autres à continuer à faire de même à l’âge adulte ». Ainsi, les aider à prendre conscience de leur poids et à perdre leurs kilos superflus pourrait diminuer le nombre d’adultes obèses.

Toutefois, une récente étude australienne pourrait remettre en question les résultats de l’enquête britannique. En effet, cette étude indique que l’IMC ne peut pas tout le temps être fiable et que cet indicateur devrait être interprété selon les individus. Partant de ce postulat, l’étude montre que l’on peut dépasser l’IMC conseillé et être en bonne santé.

Amanda Patterson, principale auteure de l’étude australienne, explique par exemple, que l’IMC surestime souvent le poids des sportifs (qu’ils soient amateurs ou professionnels). En effet, le muscle étant plus lourd que la graisse, les personnes qui pratiquent régulièrement du sport pèsent souvent plus lourd que les autres. Pourtant elles sont certainement en meilleure santé que les individus sédentaires.

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