Les Anonymous balancent une liste de pédophiles présumés

Après avoir lutté contre la fermeture de Megaupload, les Anonymous traquent désormais les pédophiles sur la Toile. Le collectif vient de divulguer une liste d’individus qui fréquenteraient des sites pédopornographiques. Une opération risquée…

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Les Anonymous avait annoncé leur coup dans une vidéo le 8 juillet ©DR

Les Anonymous viennent de lâcher une véritable bombe en publiant, sur Internet, les noms de pédophiles présumés, révèle, ce jeudi 12 juillet, lemonde.fr. Les personnes visées, principalement des Belges et des Néerlandais, auraient fréquentées des forums pédopornographiques. C’est en piratant ces sites que les Anonymous auraient récupéré leurs infos. Et quelles infos ! Adresses mails, adresses IP, profils Facebook, numéros de téléphone… ces « justiciers du web » ont tout balancé sur le réseau social Pastebin. Ils invitent les internautes à suivre en live leur opération, baptisée #OpPedoChat, sur leur compte Twitter @TheAnonOne.

Les Anonymous avaient annoncé leur coup le 8 juillet, par le biais d’une vidéo postée sur Youtube. Un individu, portant le fameux masque des Anonymous, y explique : « récemment, il y a eu une augmentation du nombre de sites Web de chat et de partage de photos pédophiles. (…) Anonymous veut réduire, si ce n’est éradiquer, ce fléau d’Internet ».

L’action « anti-pédophilie » des Anonymous critiquée

Même si cette opération partait d’un bon sentiment, les Anonymous ont-ils eu raison de divulguer de but en blanc cette liste de noms ? Non, à en croire Dirk Depover, porte-parole de l’association Child Focus, qui lutte en Belgique contre la pédopornographie sur Internet. Interrogé par le monde.fr, « beaucoup d’adresses de personnes qui ne sont pas pédophiles ont probablement été publiées, et pour eux, cela va avoir des conséquences graves ».

Les médias se sont déjà emparés du cas d’un conseiller communal du parti nationaliste flamand Vlaams Belang à Evere (Belgique), dont le nom a été cité dans cette liste de « supposés » pédophiles. Il a affirmé que son adresse IP avait été piratée et qu’il n’utilisait plus son ordinateur depuis longtemps. Il s’est vu contraint de démissionner provisoirement de son parti et envisage de porter plainte contre X.

Par ailleurs, on peut se demander si ce genre d’actions n’est pas plutôt une entrave au travail de la police. Les pédophiles, en voyant leurs noms divulgués pourraient prendre la fuite et devenir introuvables pour la police…

Thomas Levy