Les écoles privées accusées de discrimination

Selon une étude du CNRS et du Centre d’études de l’emploi, il existerait une discrimination à l’entrée des établissements scolaires privés. Mieux vaut porter un nom à consonance française pour optimiser ses chances.

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45 % des emails écrits par des franco-français ont obtenu une réponse, contre 32,5 % des messages transmis par des Maghrébins. - crédit photo : Catherine Yeulet ©ThinkStock

Mademoiselle Durand et Monsieur Benhamou ne seraient pas perçus de la même manière au sein des écoles privées. Selon une étude menée entre mars et juin 2011 par trois chercheurs issus du Centre national de recherche scientifique (CNRS) et du Centre d’études de l’emploi (CEE), il y aurait une « discrimination caractérisée » à l’entrée des établissements scolaires catholiques.

École privée : les parents d’origine maghrébine, moins considérés ?

Pour mener à bien leurs travaux, les économistes Pascale Petit, Loïc Du Parquet (CNRS) et Thomas Brodaty (CEE) ont utilisé la méthode du « testing » : ils ont envoyé à plusieurs écoles des demandes d’inscription avec des identités fictives, soit 4 269 courriels (3 023 adressés à des écoles primaires et 1 246 à des collèges). « Le patronyme signalant une origine maghrébine obtient une réponse moins favorable à 18 % de ses demandes », précisent les auteurs de l’étude. 45 % des emails écrits par des Franco-Français ont obtenu une réponse, contre 32,5 % des messages transmis par des Maghrébins.

Pourtant, l’enseignement privé, comme le public, se doit de respecter le principe de non-discrimination. La loi Debré de 1959 indique qu’il est dans l’obligation d’inscrire « tous les enfants sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance ».

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« Cette étude montre d’abord que plus de 8 fois sur 10 il n’y a pas discrimination, nuance Pascal Balmand, secrétaire général de l’enseignement catholique (Le Monde). Cela dit, je déplore les 18 % de cas où le traitement diffère entre deux familles. Nous avons encore à travailler l’accueil de tous les enfants, qui nous est imposé par la charte de l’enseignement catholique et par la loi. »

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Cécile David