Les hôteliers contre Booking : la fin d’un règne ?

L’Autorité de la concurrence a annoncé ce mardi 21 avril la fin du prix unique imposé par le site de réservation en ligne Booking.com. Relance de la concurrence ou reprise du pouvoir des hôteliers : quels changements sont à prévoir ?

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Booking met en danger son leadership. ©ShutterStock

Les hôteliers français ont remporté leurs bras de fer contre Booking.com. Le site de réservation en ligne a décidé de satisfaire leurs exigences et de retirer les clauses critiquées de ses contrats. Tout commence en 2013 quand les syndicalistes français du secteur hôtelier déposent plainte contre Booking.com pour abus de position dominante auprès de l’Autorité de la concurrence. Ils seront ensuite rejoints par le groupe Accor en février 2015. Ce dossier est alors traité en coopération étroite avec ses homologues italiens et suédois et avec la Commission européenne. Un accord est finalement trouvé et révélé le mardi 21 avril par l’institution française. Booking.com ne pourra plus imposer ses règles.

D’après Phocuswright Europe, 70 % des réservations de chambres d’hôtels sur internet se font sur les sites d’agences de voyage. Pour les propriétaires il est donc important d’être référencés sur ces pages web. Booking.com, leader du marché, profitait de son rang pour imposer des commissions élevées et un contrat anti-concurrence.

Booking : qu’est-ce qui va changer ?

L’accord avec Booking.com se base sur l’abandon d’une grande partie de ces « clauses de parité tarifaire et de disponibilité ». Ainsi les hôtels en contrat avec cette plateforme peuvent désormais :

  • Contacter d’anciens clients qui ont réservés via cette agence,
  • Proposer des avantages ou bons plans (petit déjeuner, spa, salle de sports, etc.) à d’autres sites internet,
  • Ne pas indiquer toutes les chambres disponibles à Booking.com,
  • Proposer des prix plus bas à d’autres plateformes de réservations mais ils ne peuvent pas proposer ces petits tarifs sur leurs propres pages web.

Booking.com s’engage à mettre en place ces nouveaux arrangements dès le 1er juillet 2015. Ces dispositions sont valables pour cinq ans et doivent être évaluées par l’Autorité de la concurrence à la fin de l’année 2016.

À travers cet arrangement, cette institution espère relancer la concurrence et ainsi dynamiser le secteur touristique en ligne. Le but est également d’offrir une véritable variété de choix aux clients et de permettre aux hôteliers de reprendre le contrôle de leur commerce.

Booking.com est également poursuivi pour abus de position dominante par d’autres pays européens. Il n’est donc pas impossible qu’il généralise cet accord si l’Autorité à la concurrence le juge satisfaisant.

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Yuna Boudré