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Voilà ce qui s'appelle tromper son monde. Contrairement à ce que son nom semble indiquer, le parc danois de Bonbon land n'est pas consacré aux sucettes, barbapapas ou autres pommes d'amour. Il s'adresse bien aux enfants, mais seulement à ceux qui n'ont pas dépassé le stade anal… Le parc à thèmes d'Holme Olstrup, à l'est du pays, incarne une ode à l'atmosphère pipi-caca.
L'attraction phare, Hundeprutterutchebane, signifie littéralement «les montagnes russes du chien qui pète».
Ouvert en 1991, ce parc est le quatrième des plus fréquentés au Danemark. Il est tenu par un fabricant de bonbons dont le fils s'était un jour écrié dans l'usine de son père: «Tes bonbons ressemblent à des pets de chien!» Le père, flairant le bon filon, a alors décliné des produits aux formes équivoques, pourtant a priori peu appétissantes, et a bâti un parc sur le même thème.
Pour passer un agréable moment en famille, qui aurait l'idée de se plonger dans l'univers déprimant de Germinal, le roman d'Emile Zola, son atmosphère des mines de charbon, ses grèves meurtrières et ses intolérables inégalités sociales? Pour une sortie du dimanche, il y a plus fun.
En Angleterre, pourtant, le Dickens World attire plus de 300.000 visiteurs par an. Ce parc, situé à Chatam au sud-est du pays, a ouvert ses portes en 2007. Il offre une plongée dans le début de la révolution industrielle anglaise, dans les années 1840. Il retrace l'ambiance du très engagé Temps Difficiles, de Charles Dickens, roman qui met en exergue les méfaits de l'industrialisation, accusée de transformer les paisibles campagnes britanniques en une vaste zone de mines, d'usines, de canaux, de banlieues misérables où tente de survivre le prolétariat le plus exploité de l'Histoire. Au coeur des artères reconstituées de Londres règne une atmosphère des plus lugubres, où les belles ruelles pavées jouxtent les avenues insalubres, peuplées d'asiles de pauvres, de bas-fond et de docks, d'où surgissent divers personnages en costumes.
Ce parc subit de nombreuses controverses. Les puristes craignent que l'oeuvre de l'immense auteur ne se résume à un parc à thèmes, tandis que d'autres déplorent la présence de centres commerciaux aux alentours…
Au parc d'attractions de Loveland, en Corée du Sud, on est loin de l'univers de Mickey et Minnie, sauf à considérer que des versions plus épicées des aventures des deux petites souris de chez Disney ont été mises sur le marché. En Corée du Sud, l'île de Chedju est l'un des endroits les plus recherchés pour les lunes de miel. Plutôt que de construire un parc Walibi ou Astérix, les autorités locales ont opté pour un complexe qui fait l'apologie des plaisirs charnels.140 statues géantes y déclinent sans aucun tabou la totalité des combinaisons recensées par le Kama-sutra.
Des jouets disposés au fil du parcours invitent les visiteurs à mettre la main à la pâte. Le «zizi de la mer», une fontaine en bois d'un mètre de long, représentant sans équivoque possible l'organe qui donne son nom à l'oeuvre, incarne l'attraction la plus connue. L'ensemble du parc est conçu autour d'un lac pour recréer le calme et la sensualité d'une chambre.
Inutile d'y emmener les enfants, l'accès est interdit aux mineurs… Et le complexe hôtelier situé à proximité du Loveland affiche toujours complet. Devant le succès du concept, les autorités chinoises avaient décidé de construire un Loveland à Chonqing, dans l'est du pays. "Vulgaire, insensé et trompeur», a jugé le gouvernement, qui a bloqué le projet."
"La visite est déconseillée aux cardiaques, aux asthmatiques et aux personnes souffrant d'épilepsie." Sur le prospectus du parc lituanien, le ton est déjà donné: une journée au Bunker en Lituanie, à 5 km de Vilnius, la capitale, c'est pour les soviets, mais pas pour les mauviettes! Le parc d'attractions propose une plongée de quelques heures dans les années 1980, époque où la Lituanie faisait partie de l'URSS.
Dès leur arrivée dans le Bunker, les visiteurs sont accueillis par des militaires et fouillés par de peu amènes chiens de berger. Sous la contrainte, les intrépides touristes doivent ensuite apprendre par coeur l'hymne russe et subir un interrogatoire musclé mené par des agents du KGB qui n'hésitent pas à frapper violemment avec des ceintures.
Un repaire pour les nostalgiques de l'ère stalinienne?
Pas vraiment, plutôt un mémorial pour ne pas oublier les méfaits du totalitarisme soviétique dans l'Etat balte indépendant depuis 1991. Ceux qui jouent le rôle d'agents du KGB sont d'anciens résistants. A la fin de la cruelle visite, les touristes se voient offrir du pâté russe et un verre de vodka, qu'ils sirotent en visionnant des programmes de la télévision d'Etat datant de 1984, reprenant notamment un discours du président du Soviet suprême, Youri Andropov.
A en croire le site Internet du parc d'Haren, au nord de l'Allemagne, «creuser est le rêve de chaque homme». Il y a quatre ans, Joachim Meyer construit donc un parc d'attractions qui permet d'assouvir les fantasmes les plus virils: excaver et draguer de la terre du matin au soir. Des pelleteuses de 21t, capables de ramasser une tonne en une seule benne, attendent les visiteurs. Ceux qui ne se sentiraient pas à l'aise avec ces mastodontes peuvent se faire la main avec des tracteurs à chenilles.
L'une des attractions les plus populaires consiste à rechercher des oeufs de Pâques grâce aux pelleteuses. Le match de foot sur excavatrice connaît aussi un franc succès: le ballon doit être envoyé dans des buts géants avec la pelle, sous l'oeil d'un arbitre qui se déplace sur un engin plus petit.
Si les hommes ont tendance à creuser grossièrement, ces dames, selon Joachim Meyer, procèdent «avec bien plus d'harmonie», comme si elles étaient dotées d'un sens supérieur de la drague.
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