Les pays du Golfe bientôt inhabitables ?

D’ici la fin du siècle, les températures dans le Golfe pourraient dépasser la limite du supportable au moment de certains pics de chaleur. Les pays de cette région pourraient même devenir inhospitaliers.

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Les pays du Golfe Persique bientôt inhabitables ? ©ShutterStock

Les hommes vont-ils devoir déserter les pays du Golfe Persique d’ici 2100 ? C’est en tout cas ce qui risque de se passer. La région deviendrait une vraie fournaise, surtout en été où les températures atteindront une moyenne de 45 degrés. La raison ? L’augmentation des gaz à effet de serre. Selon une étude américaine publiée lundi 26 octobre dans la revue scientifique Nature Climate Change, si ces émissions de gaz à effet de serre continuent de croître, des pics de chaleur humide pourraient dépasser la limite du supportable par l’homme d’ici la fin du siècle. Habiter dans cette région deviendrait donc dangereux.

Une survie en extérieur menacée

Pour les chercheurs, le corps humain peut s’adapter à des températures extrêmes, notamment grâce à la transpiration, à condition que la température de condensation, qui mesure à la fois la température et l’humidité, « reste sous le seuil de 35 degrés ». « Ce seuil définit la limite de la capacité de survie pour un homme en bonne forme dans un milieu bien ventilé et il est plus bas pour la plupart des gens », expliquent les chercheurs Jeremy Pal, professeur à la Loyola Marymount University à Los Angeles, et Elfatih Eltahir, du Massachusetts Institute of Technology de Cambridge. Cependant, il faut savoir qu’à plus de 35 degrés, et même ayant transpiré, le corps n’est plus en mesure de se refroidir et « la survie en extérieur d’individus mêmes jeunes et en bonne santé est sérieusement menacée. »

La région du Golfe deviendrait bientôt un vrai four car « des pics de température humide (…) vont probablement frôler et dépasser ce seuil critique ».

Le pèlerinage à La Mecque bientôt dangereux ?

Ces dépassements ponctuels interviendraient dans les villes comme Abou Dhabi, Dubaï, Dhahran et Bandar Abbas, précisent-ils. Ils pourraient avoir un impact important sur les rituels du Hadj », à La Mecque, au cours duquel des millions de pèlerins musulmans prient dehors. Selon les chercheurs, ces rituels « vont probablement devenir dangereux » notamment pour la santé des plus fragiles, comme les personnes âgées, et lorsque le pèlerinage se tiendra en été.

À quelques semaines de la COP21, il est donc urgent de trouver un accord pour réduire à long terme les gaz à effet de serre.

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Justine Dupuy