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Le 7 février 2005 à la télévision, sur le plateau de l'émission On ne peut pas plaire à tout le monde de Marc-Olivier Fogiel, Nicolas Sarkozy faisait une terrible confession: «A part d'un père, je ne manque de rien. » Son père, Pal Sarkozy, qui travaillait comme publicitaire chez le marchand de lessive Bonux, a en effet quitté le domicile conjugal quand le petit Nicolas était encore enfant. D'ailleurs, le 6 mai 2007, quand Sarko a fêté au Fouquet's son succès aux présidentielles, si sa mère et ses 2 frères étaient présents, son père n'était en revanche pas invité… Depuis, Pal, 81 ans, est sorti de l'anonymat comme un cadeau Bonux d'une boîte de lessive.
Il n'est pas certain non plus que Dominique de Villepin se sente complètement à la fête avec son père… Né en Belgique en 1926 et diplômé de l'école des Hautes études commerciales, Xavier Galouzeau de Villepin, le dit-papa, a mené une prestigieuse carrière internationale au sein du groupe industriel Saint-Gobain, qu'il était chargé de représenter en Algérie, en Australie, au Maroc (où son fils Dominique est né), aux Etats-Unis ou encore au Venezuela… Et à l'heure de la retraite, Xavier est devenu, en 1986, sénateur représentant des Français de l'étranger, avant d'être nommé président d'une très prestigieuse commission sénatoriale. Une belle promotion à laquelle son fils ne serait pas étranger. Dans son livre Chirac et Dépendances, Jean-François Probst, ancienne éminence grise de Jacques Chirac, révèle que Dominique de Villepin a poussé à la roue: «Sur sa demande insistante, je lui ai rendu un énorme service […]. Selon son désir, son père, sénateur représentant des Français de l'étranger, le centriste Xavier de Villepin, est devenu président de la commission des Affaires étrangères, des Forces armées et de la Défense au Sénat au début des années 1990. […] J'ai fait voter en sa faveur l'ensemble des sénateurs RPR et d'autres parlementaires indécis. » Coup de pouce apprécié à sa juste valeur: « Peu après, Xavier de Villepin m'a remercié et m'a confié de manière prémonitoire: “L'ennui avec mon fils Dominique, c'est qu'il ne comprend rien à la politique”. » C'est sans doute pour faire mentir son père que Dominique a décidé de créer son parti politique et de présenter sa candidature à la prochaine élection présidentielle…
Bernard Marie, le papa de Michèle Alliot-Marie, faisait la police et rendait la justice: pas dans un tribunal, mais sur les terrains de rugby! Parallèlement à ses activités de cadre à la Banque de France, il était arbitre international et, le 27 mars 1965, lors du match France-Pays de Galles, il fut le premier Français à tenir le sifflet dans l'histoire du Tournoi des cinq nations. D'ailleurs M.A.M. a confié qu'à la maison, tout ne tournait pas autour de la politique: «Comme
il était directeur du contentieux à la Banque de France et arbitre international de rugby, j'entendais plutôt parler de droit ou de sport.» Pourtant, en 1967, sous le maillot gaulliste, Bernard Marie se jette dans la mêlée des élections, il est élu député (de 1967 à 1981), puis transforme l'essai en prenant la mairie de Biarritz (de 1977 à 1991). Une belle carrière où l'ancien arbitre impartial a fait preuve de favoritisme: en 1978, alors que parmi plusieurs candidats, il doit choisir son suppléant à l'Assemblée nationale, il va trancher en désignant sa… fille! Pour M.A.M., ce fut la première marche d'un escalier qui l'a conduite au ministère de la Justice.
L'histoire n'a pas été aussi simple pour Rama Yade. Après la chute du président sénégalais Léopold Sédar Senghor, dont il était le secrétaire particulier, son père, Djibril Yade, s'exile à Paris. En 1987, son épouse et ses 4 enfants, dont sa
fille aînée la petite Rama, le rejoignent. Mais papa Yade a le mal du pays: en 1990, il divorce, retourne au Sénégal et laisse sa petite famille à Paris… Qui connaît alors le temps des vaches maigres. Rama, qui fréquente l'école Jeanne d'Arc, croit pourtant en son destin… Diplômée de l'Institut d'études politiques, elle devient administratrice au Sénat et, en 2007, à la surprise générale, le président Sarkozy la fait entrer dans son gouvernement! Pour son père, elle doit cette réussite à «son travail, mais aussi à Dieu». Après Dieu, il n'oublie pourtant pas de souligner l'influence déterminante de sa propre parole: «Je ne suis pas surpris de voir Rama à l'UMP. Elle m'a toujours entendu parler du Général de Gaulle et du grand homme qu'il était. Cela l'a rapproché de ce parti…» Cette admiration pour le Général n'a cependant pas empêché Rama de prendre pour époux Joseph Zimet, connu pour ses affinités avec le Parti socialiste.
Le père de Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, est
le… maréchal Pétain! Mais que les historiens se rassurent, seulement pour les
besoins d'une fiction. Car si papa Copé, Roland de son prénom, est diplômé de
médecine et chirurgien, il fait également l'acteur. Ainsi, en mars dernier, il était à l'affiche de La Rafle (qui retrace l'arrestation des juifs au Vél d'Hiv' ordonnée par le régime de Vichy), interprétant le rôle de Pétain. En 2005, il a également joué dans Les Brigades du tigre et on a pu l'apercevoir à la télévision dans des épisodes de PJ ou de Navarro. Là où il a fait une grosse frayeur à son fils, c'est quand, en 2009, il a lancé un appel à la grève générale pour défier le gouvernement! Mais renseignements pris, cela se passait dans Plus belle la vie, le feuilleton de France 3 où Roland Copé interprète un ancien résistant communiste!
Quant à l'eurodéputé socialiste Vincent Peillon qui, lors des dernières régionales, a fait le buzz en posant un lapin à la directrice de la rédaction de France 2, Arlette Chabot, lors du débat sur l'identité nationale, il est né dans une famille communiste dont le père ne s'intéressait pas qu'au Capital de Karl Marx. En effet, durant la guerre froide, Gilles Peillon est directeur général de la Banque commerciale pour l'Europe du Nord, surnommée «la banque des soviets» – un établissement dirigé par l'URSS pour assurer les transactions financières entre l'Est et l'Ouest. Vincent a déclaré que, pour son père, c'était un double jeu déchirant: «Il a vécu clivé. Au coeur de la machine soviétique le jour, fréquentant des dissidents au régime, le soir. Il nous disait: “Tenez-vous à l'écart de la politique, cela pourrit la vie.”» Un judicieux conseil que Vincent Peillon, pourtant philosophe de formation, n'a pas suivi.
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