Les trains de nuit en sursis ?

Confronté à un déficit important, l’État a décidé d’arrêter de financer la plupart des lignes de nuit des trains Intercités. Seule deux lignes sur huit resteront gérées par la SNCF. Quant aux autres, elles seront ouvertes à la concurrence.

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Les trains de nuit en sursis ? ©ShutterStock

Pratiques et souvent économiques, les lignes de nuit séduisent les voyageurs qui effectuent de longs voyages. Mais depuis quelques années, ces trains nocturnes n’ont plus la cote et sont de plus en plus délaissés. Résultats : ces Intercités ou « trains d’équilibre du territoire (TET) » de nuit accumulent les déficits et coûtent de plus en chers à l’État. À eux seuls, ils représentent 25% des déficits des Intercités (30 lignes au total), alors qu’ils ne transportent que 3% de voyageurs. Les lignes Intercités, en général, ont perdu 20% de voyageurs depuis 2011 et accusent un déficit de 450 millions d’euros, rien qu’en 2015. « Chaque billet vendu nécessite en moyenne plus de 100 euros de subvention publique », a souligné le secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies.

L’État a donc décidé d’arrêter de financer ces lignes nocturnes. Deux lignes seulement, sur les huit existantes, resteront dans le giron de la SNCF. Il s’agit des liaisons Paris-Briançon et Paris-Rodez/Latour de Carol, pour lesquelles il n’existe pas d’offre alternative de transport suffisante pour desservir ces régions.

Des lignes bientôt privées ?

Quant aux autres, elles sont en sursis et pourraient être exploitées par un autre opérateur que la SNCF. Le gouvernement va en effet lancer un « appel à manifestation d’intérêt » afin que les opérateurs ferroviaires intéressés puissent proposer de « nouveaux schémas d’exploitation innovants ». Faute de quoi, ces lignes nocturnes seront alors définitivement fermées.Il s’agit des lignes Paris-Toulouse-Rodez-Albi, Paris-Hendaye-Tarbes, Paris-Savoie (Bourg-Saint-Maurice et Saint-Gervais), Paris-Nice, Luxembourg-Nice-Port-Bou et Strasbourg-Nice-Port-Bou. Le résultat de cet appel d’offre sera connu le 1er juillet prochain.

Du côté des lignes Intercités circulant le jour, l’État va engager un grand plan d’investissement dans le matériel roulant. Il lancera dès cette année un appel d’offres d’une valeur de 1,5 milliard d’euros pour l’achat de nouvelles rames plus confortables et plus rapide, d’ici à 2025 sur les lignes Bordeaux-Marseille, Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Limoges-Toulouse. Trente rames supplémentaires ont été également commandées à Alstom. Alain Vidalies a précisé que ces lignes resteront gérées par la SNCF et qu’elles ne seront donc pas ouvertes à la concurrence.

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Justine Dupuy