Les Universités feraient-elles de la sélection ?

L’Union Nationale des Étudiants en France dévoile une enquête dans laquelle elle accuse une cinquantaine d’universités de pratiquer une sélection. Des méthodes illégales.

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En haut du classement, se placent les universités de Paris et l’Ile-de-France : Paris IV Sorbonne, Paris I Panthéon et l’université de Cergy-Pontoise. ©ShutterStock

C’est inscrit dans la loi, dans le Code de l’Éducation. Les universités se doivent d’accueillir tous les bacheliers, sans autre forme de procédure ou de discrimination. Sauf que, certaines universités en France contournent cette règle par des méthodes illégales telles que des « capacités d’accueil réduites », des « bi-licences sélectives » ou encore des tirages au sort. C’est ce que révèle l’Unef (Union Nationale des Étudiants en France) dans une enquête publiée ce mercredi 15 juillet.

Refus d’admission pour profil peu satisfaisant

Dans cette prospection de l’état des lieux de l’enseignement supérieur en France, on voit que les demandes d’inscription en 2015 sont en hausse de + 6,5 % comparé à 2014 et de 19,5 % quand on compare les chiffres aux deux dernières années. Face à cette hausse et dans un contexte de pénurie budgétaire, certaines facultés n’hésitent pas à avoir recours à des pratiques de sélection. En tout, 54 universités et 334 licences sont pointées du doigt.

En haut du classement, se placent les universités de Paris et l’Ile-de-France : Paris IV Sorbonne, Paris I Panthéon et l’université de Cergy-Pontoise. Entretien oral, admission sur dossier ou encore tri à partir des notes et de la filière du baccalauréat. L’Unef dénonce ici des pratiques qui « devien[nen]t un refus pur et simple d’inscription pour des bacheliers dont le profil n’est pas considéré comme satisfaisant ».

La sélection : un sujet tabou ?

Si ces méthodes de sélections sont contestables, elles ont le méritent de soulever une question : le système n’est-il pas à revoir ? Car les universités ne feraient-elles pas là place de pragmatisme face aux statistiques. Seulement 30 % des étudiants valident leur licence en trois ans. A l’université la sélection se pratique, de fait, au rythme des échecs et abandon.

L’Unef explique alors que « plusieurs milliers de bacheliers, souvent des catégories populaires, n’ont pas pu s’inscrire dans la filières universitaire de leur choix ». Et donc abandonnent ou échouent. Face à tous ces constats, le syndicat des étudiants demande au « ministère [de] faire respecter la loi» ou d’accepter de mettre, enfin, sur la table le sujet de la sélection.

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Laurie Ferrère