L’ex-PDG d’Air France avait acheté des billets pour l’Ile-Maurice à… 24 euros !

Alors qu’Air France vient d’annoncer à ses salariés un gel des salaires pour les deux prochaines années, l’avantage accordé à l’ex-PDG de la compagnie a provoqué un tollé. Pierre-Henri Gourgeon avait réussi à obtenir des billets d’avion pour l’Ile Maurice à 24 euros, en classe affaires. Il y a finalement renoncé « par solidarité ».

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Léger malaise chez Air France. L’ancien directeur général Pierre-Henri Gourgeon aurait bénéficié de tarifs très, très préférentiels pour son prochain voyage, alors même que la compagnie aérienne vient d’annoncer à ses salariés qu’il allait falloir se serrer la ceinture pendant deux ans. Vu le tollé provoqué au sein de l’entreprise, il a finalement préféré y renoncer. L’ex-PDG, qui touchait près d’un million d’euros par an lorsqu’il était en poste, avait payé quatre billets pour l’Ile-Maurice 24,37 euros chacun, pour un voyage prévu le 18 février prochain, soit en plein milieu des vacances scolaires. A ces dates, un billet en classe affaires coûte au minimum 6 600 euros (3 500 euros quand on s’y prend à l’avance). La colère des salariés est d’autant plus justifiée qu’à cette période de l’année, la compagnie ne délivre pas de tarifs préférentiels. Un embargo exceptionnellement levé par Alexandre de Juniac, l’actuel PDG d’Air France… 

L’ex-PDG d’Air France renonce à ses avantages « par solidarité avec les salariés »

Devant l’indignation des salariés d’Air France, Pierre-Henri Gourgeon a choisi de renoncer à ses billets GP (gratuité partielle), bien qu’il y ait droit « comme l’ensemble des anciens dirigeants de la compagnie ». Au final, il bénéficiera « seulement » d’un tarif R1, auquel ont droit tous les salariés retraités de l’entreprise. Il a indiqué avoir pris cette décision « par solidarité avec les salariés de cette compagnie, confrontée à un ambitieux plan de transformation. »
En effet, Alexandre de Juniac a récemment annoncé un gel des salaires et une augmentation de la productivité en 2012 et 2013. Mais là encore, les syndicats expriment leur mécontentement : « Le gel des embauches ne s’applique pas à tous les services avec l’arrivée de deux hauts salaires au sein de la direction (ressources humaines et communication) et les économies ne sont pas à faire sur le dos de la direction mais principalement sur celui des petits salariés. » L’histoire des billets d’avion de l’ancien patron ne fait qu’amplifier le sentiment d’injustice chez les employés de la compagnie.

Julie Toury