Logement : pour 68 % des Français, la mixité sociale doit devenir une priorité des pouvoirs publics

D’après un sondage Ifop, réalisé dans le cadre du colloque sur les discriminations liées à l’accès au logement, 68 % des Français estiment que la mixité sociale doit être une priorité des pouvoirs publics dans les années à venir.

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Pour une majeure partie des Français (68 %), la mixité sociale doit devenir une priorité des pouvoirs publics dans les années à venir. ©ThinkStock

Aujourd’hui se tient à Paris le colloque sur les discriminations liées à l’accès au logement. Une enquête Ifop réalisée à cette occasion pour le Défenseur des droits, Dominique Baudis, révèle que pour une majeure partie des Français (68 %), la mixité sociale doit être une priorité des pouvoirs publics dans les années à venir.

Accès au logement : 82 % des Français pensent que les discriminations sont fréquentes

Le sondage a été réalisé au début du mois d’octobre auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française, et de 502 habitants de zones urbaines sensibles (ZUS)*.

Pour 82 % des Français, les discriminations sont fréquentes « lors de la recherche d’un appartement à louer ». 70 % des habitants de ZUS partagent le même avis. La solution pour lutter contre cette discrimination ? La mixité sociale. Pour 68 % des Français et pour 77 % des personnes résidant en ZUS, elle doit être une priorité des pouvoirs publics dans les années à venir.

27 % des personnes du premier échantillon estiment avoir été victimes de discriminations ou d’une inégalité de traitement lors de la recherche d’un logement locatif au cours de ses 10 dernières années. En ZUS, ils sont plus d’un tiers à faire le même constat Parmi eux, 37 % pensent que leur origine en serait la cause.

Accès au logement : les victimes de discrimination accusent les propriétaires individuels

Sont accusés : les propriétaires individuels (54 % des Français et 43 % des habitants de ZUS les citent) mais aussi les organismes de logement social, pointés du doigt par la moitié des personnes résidant dans une ZUS. Ils ne sont, en revanche, que 30 % sur la France entière à les mettre en cause.

Pour lutter contre ces inégalités de traitement, les personnes sondées placent en première position la réalisation de « tests en conditions réelles auprès des loueurs ». 80 % des Français estiment que cette solution pourrait être efficace, 68 % des habitants de ZUS aussi.

Notons, par ailleurs, que moins d’un quart des victimes de discrimination au logement « ont entrepris des démarches pour faire valoir leur droits », principalement parce qu’ils avouent ne pas savoir à qui s’adresser mais aussi parce qu’ils doutent de voir leurs démarches aboutir. « Le système D [demande d’aide auprès des proches, revu à la baisse des exigences de conforts, etc.] prime sur le recours aux aides institutionnelles », précise l’enquête.

* France entière : échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. / Habitants des ZUS : Echantillon de 502 personnes, représentatif de la population résidant en Zone Urbaine Sensible âgée de 18 ans et plus.

Cécile David