Loi santé : non à l’apologie de l’anorexie

Le député PS, Olivier Véran, dépose avec le soutien de Marisol Touraine, deux amendements afin d’interdire le recours aux mannequins dénutris, et l’apologie de l’anorexie

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Un IMC en dessous de 18 fait référence à de la dénutrition, 17 dénutrition sévère ©ShutterStock

Redéfinir les codes de la beauté, mais surtout lutter contre les extrêmes. Voilà en quelques mots le combat qu’entend mener Oliver Véran, député PS. Dans cet objectif, deux amendements au projet de loi Santé ont été déposés ce lundi 16 Mars à l’Assemblée nationale, visant à interdire le recours à des mannequins dénutris et l’apologie de l’anorexie.

Pour ce médecin de profession, « il est intolérable que l’on puisse faire l’apologie de la dénutrition et que l’on puisse exploiter commercialement des personnes qui sont dans des situations en mettant en danger leur santé ».

Un impact social fort

Le premier amendement vise donc à interdire aux agences de mannequinat le recours à des mannequins lorsqu’ils sont diagnostiqués en état de dénutrition. Le second lui, déposé conjointement avec la délégation aux droits des femmes, créerait un « délit de valorisation de maigreur excessive » et viserait à interdire les sites internet qui font « l’apologie de l’anorexie ».

Ces deux amendements, contrairement à d’autres volets de la loi Santé qui font débat, ont de grandes chances d’être votés. Cette initiative du député PS Olivier Véran a même obtenu le soutien de la ministre de la Santé : « Je trouve que quand on est mannequin ont doit s’alimenter et prendre soin de sa santé. C’est un message important en direction des jeunes femmes, jeunes filles qui voient en ces mannequins des modèles esthétiques », déclare Marisol Touraine.

En France, « entre 30 et 40 000 personnes » souffrent d’anorexie mentale. « Ce sont des adolescentes dans 90 % des cas. L’impact social que véhicule la mode est très fort » estime Olivier Véran, rapporteur du volet promotion et prévention de la loi Santé.

Certificat médical et amende de 75 000 euros

Si ces amendements sont votés, les mannequins devront présenter avant toute embauche un certificat médical indiquant leur indice de masse corporelle (IMC). S’il est trop bas, pas d’emploi. De leur côté, les agences de mannequins encouraient jusqu’à 75 000 euros d’amendes et six mois de prison pour celles qui emploieraient des mannequins dénutris.

Pour L’organisation Mondiale de la Santé (OMS), un IMC en dessous de 18 fait référence à de la dénutrition, 17 dénutrition sévère, « en dessous de 16 on parle d’état de famine ». Ailleurs, comme en Israël, en Espagne, en Belgique ou au Chili, des dispositifs législatifs ou réglementaires existent déjà contre ce phénomène.

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Laurie Ferrère